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Culture

« Un Hiver russe » de Patric Chiha : un docu jarmuschien sur l’exil

Trois Couleurs · mis à jour 28 sept.

Présenté à la dernière édition de la Berlinale, puis au Cinéma du réel, "Un hiver russe" de Patric Chiha suit un groupe de jeunes exilés russes entre la France et la Turquie, fantômes d’un monde sans lendemain possible..

Documentaire sur l'exil russe

Le film Un hiver russe, réalisé par Patric Chiha, est un documentaire présenté en 2026 à la Berlinale et au Cinéma du réel. Il suit un groupe de jeunes exilés russes vivant entre la France et la Turquie, décrits comme des fantômes d’un monde sans lendemain possible. Ces jeunes ont fui leur pays après le début de la guerre en Ukraine, laissant derrière eux une vie qu’ils ne reconnaissent plus. Le film explore leur situation d’exilés, marqués par les traumatismes historiques de la Russie, comme la révolution d’Octobre, le léninisme, le stalinisme et le poutinisme. Patric Chiha, qui revient au documentaire après six ans, cherche à montrer leur réalité entre deux mondes, ni tout à fait le leur ni tout à fait le nôtre.

Thèmes centraux du film

Le documentaire aborde plusieurs thèmes clés, dont l’exil et ses conséquences psychologiques. Patric Chiha s’appuie sur des concepts comme l’épigénétique, une discipline scientifique qui étudie comment les expériences vécues peuvent influencer l’expression des gènes, et notamment transmettre des traumatismes à travers les générations. Les jeunes exilés russes sont décrits comme en état de « mort civique », c’est-à-dire privés de droits et de reconnaissance dans leur pays d’origine, mais aussi souvent ignorés ou marginalisés dans leur pays d’accueil. Le film met en lumière leur sentiment d’être des pantins ballottés par l’histoire, pris entre les révolutions passées et les désillusions politiques actuelles, comme le poutinisme, terme désignant l’ère politique sous Vladimir Poutine.

Style visuel et musical

Le style visuel du film est marqué par un lyrisme paradoxal, où les images, souvent stylisées par la chef-opératrice Céline Bozon, s’éloignent du réalisme documentaire pour créer une atmosphère à la fois poétique et décalée. Cette approche rappelle le cinéma de Jim Jarmusch, réalisateur américain connu pour ses films aux atmosphères contemplatives et à la narration non linéaire. La musique du film, empruntée à Yuri, un musicien exilé sans passé ni avenir, renforce cette dimension punk, en opposition à l’immobilisme des personnages. Les plans montrent fréquemment les jeunes allongés dans l’herbe ou assis, comme en attente, dans des lieux comme un parc montreuillois ou des grands ensembles de banlieue parisienne, évoquant des limbes faits de verre et d’acier.

Ce que ça pourrait changer

Patric Chiha s’inspire de plusieurs figures du cinéma pour réaliser ce documentaire. Il cite notamment Jean-Luc Godard, réalisateur français emblématique de la Nouvelle Vague, connu pour ses films expérimentaux et ses réflexions sur le cinéma. Chiha explique vouloir faire des films *sans en connaître la destination*, c’est-à-dire sans avoir de plan narratif préétabli, une approche qui rappelle les méthodes de Godard. Le film dure 1 heure et 26 minutes et sort en salles le 30 septembre 2026. Produit par Léopard Films, il marque le retour de Chiha au documentaire après son précédent film, *Si c’était de l’amour*, sorti en 2020.

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