☕️ Gérald Darmanin veut utiliser la reconnaissance faciale pour identifier les casseurs
« Il faut être impitoyable envers les casseurs parce qu’ils trahissent la France », a déclaré Gérald Darmanin au JT de 20H de TF1 ce lundi 19 octobre, en réponse aux pillages effectués en marge des manifestations du samedi 17 octobre. « Il y a eu 2.513 gardes à vue au moment où je parle », a […].
Gérald Darmanin, ministre de l’Intérieur, a réagi aux violences survenues lors de manifestations le 17 octobre 2026 en France. Ces événements ont entraîné des pillages et des dégradations, poussant le gouvernement à adopter une posture ferme. Le ministre a qualifié ces actes de trahison envers la France et a insisté sur la nécessité d’une réponse pénale impitoyable. À ce stade, 2 513 personnes ont été placées en garde à vue, principalement encore détenues par la police. Plus de 500 d’entre elles ont déjà été déférées devant un tribunal pour des comparutions immédiates, c’est-à-dire des audiences où les décisions sont rendues rapidement, souvent le jour même ou le lendemain. Ces procédures accélérées visent à sanctionner sans délai les auteurs présumés des violences.
Pour renforcer les moyens d’enquête, Gérald Darmanin a demandé aux parquets (les services du ministère public chargés de poursuivre les infractions) de requalifier les faits en criminalité organisée. Cette qualification permet d’utiliser des techniques spéciales d’enquête, décrites par Valéry Muller, vice-président du tribunal judiciaire de Paris, comme particulièrement offensives. Parmi ces techniques figurent l’extension de la durée des gardes à vue de 48 à 72 heures, afin de donner plus de temps aux enquêteurs pour interroger les suspects. D’autres outils incluent la géolocalisation (suivi des déplacements via les téléphones portables) et les écoutes téléphoniques (interception des communications), qui aident à reconstituer les actions des individus avant, pendant et après les violences. Ces mesures visent à identifier les réseaux organisés derrière les actes de casse.
Le ministre a annoncé l’utilisation de la reconnaissance faciale pour identifier les casseurs, en s’appuyant sur le fichier TAJ (Traitement des antécédents judiciaires). Ce fichier, géré par la police, recense les personnes défavorablement connues des forces de l’ordre, soit environ 24 millions de personnes en France, ce qui représente un tiers de la population. La reconnaissance faciale permettra de comparer les images des manifestants violents, capturées sur les réseaux sociaux ou par les caméras, avec celles stockées dans le TAJ. L’objectif est de croiser les données pour retrouver les individus impliqués dans les pillages ou les attaques contre les mairies. Cette méthode s’ajoute aux autres outils d’enquête déjà mentionnés et vise à accélérer l’identification des coupables.
À la date du 20 octobre 2026, 123 personnes étaient incarcérées, soit en détention provisoire (attente de jugement en prison) soit sous mandat de dépôt (décision de placement en détention prise par un juge). Plus de 700 autres personnes, déférées devant les tribunaux, attendent leur jugement dans des dépôts (lieux de détention temporaire avant comparution). Ces chiffres illustrent l’ampleur des arrestations et la rapidité des procédures engagées. Le gouvernement mise sur ces mesures pour dissuader les futures violences et rétablir l’ordre public, tout en soulignant l’efficacité des outils technologiques comme la reconnaissance faciale pour traquer les auteurs.
Le fichier TAJ, central dans cette stratégie, est critiqué depuis des années par la *CNIL* (Commission nationale de l’informatique et des libertés), l’autorité française chargée de protéger les données personnelles. La CNIL dénonce depuis 12 ans son utilisation, estimant qu’il recense trop largement des personnes simplement *défavorablement connues* de la police, sans nécessairement avoir été condamnées. Ce fichier contient des données sur 24 millions de personnes, soit près d’un tiers de la population française. Les opposants à ce système soulignent les risques d’erreurs, de stigmatisation ou de surveillance excessive, mais le gouvernement semble décidé à en exploiter tout le potentiel pour lutter contre la criminalité organisée et les violences urbaines.

