Cœur artificiel : une nouvelle version de la prothèse fournit des résultats très prometteurs
Le cœur artificiel Aeson de la société Carmat fournit d’excellents résultats. Un pas de plus vers le remboursement de cette prothèse destinée aux personnes souffrant d’insuffisance cardiaque terminale et en attente d’une transplantation..
Aeson est un cœur artificiel total développé par la société française Carmat. Il s'agit d'une prothèse mécanique entièrement conçue pour remplacer le cœur défaillant d'un patient. Contrairement aux dispositifs précédents, Aeson est fabriqué avec des matériaux bioprothétiques, c'est-à-dire des matériaux artificiels mais compatibles avec le corps humain, ce qui réduit fortement le risque de formation de caillots sanguins. Ce cœur artificiel a la particularité de battre comme un cœur naturel et de s'adapter automatiquement aux besoins du corps : par exemple, il augmente son débit sanguin à l'effort, comme le ferait un cœur en bonne santé. Il est spécifiquement destiné aux personnes souffrant d'une insuffisance cardiaque terminale, une maladie grave où le cœur ne parvient plus à pomper suffisamment de sang pour répondre aux besoins de l'organisme, et qui sont en attente d'une greffe de cœur.
L'insuffisance cardiaque est une maladie très répandue, classée parmi les premières causes de mortalité en France et dans le monde. Selon la Dr Anne Céline Martin, cardiologue spécialiste à l'hôpital européen Georges Pompidou à Paris, environ un patient sur dix atteint d'insuffisance cardiaque souffre d'une forme sévère, c'est-à-dire avancée et mettant sa vie en danger. Aujourd'hui, les personnes en attente d'une greffe de cœur sont placées sur une liste nationale de transplantation. Pourtant, faute de donneurs, une personne sur dix décède avant d'avoir pu bénéficier d'une greffe. Le cœur artificiel Aeson représente donc une alternative vitale pour ces patients, leur offrant une chance de survie en attendant une transplantation ou, dans certains cas, comme solution permanente.
Une étude récente, publiée dans la revue European Heart Journal, a évalué l'efficacité et la sécurité du cœur artificiel Aeson sur 55 patients en situation critique, dont un tiers était déjà en réanimation et dépendait d'une circulation extracorporelle (un dispositif médical qui prend temporairement le relais de la fonction cardiaque et pulmonaire). Les résultats sont très encourageants : après six mois, 73 % des patients équipés d'Aeson étaient encore en vie ou avaient pu bénéficier d'une greffe, contre seulement 38 % pour le précédent dispositif de référence, SynCardia. De plus, 92 % des survivants ne présentaient plus aucun signe d'insuffisance cardiaque, et leur capacité à marcher s'était significativement améliorée. Aucun AVC ni dysfonctionnement majeur du dispositif n'a été signalé pendant l'étude.
Ces résultats exceptionnels ouvrent la voie à une reprise des implantations d'Aeson en France dès la fin de l'année 2026. Ils devraient également permettre d'engager les démarches pour que ce dispositif soit *remboursable* par l'Assurance maladie, ce qui le rendrait accessible à un plus grand nombre de patients. Aeson se distingue des autres cœurs artificiels par son absence de complications majeures, contrairement à SynCardia qui provoquait des AVC, des saignements ou des infections, entraînant le retrait de sa certification en France. Grâce à ces avancées, Aeson pourrait devenir une solution durable pour les personnes souffrant d'insuffisance cardiaque terminale, réduisant ainsi la dépendance aux greffes et améliorant leur qualité de vie.

