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Géopolitique

En juin, la vague de chaleur aurait causé la mort de 14 000 Européens

Courrier International · mis à jour il y a 23 j

Selon une étude statistique menée par “Politico” qui concerne les six pays européens les plus touchés par la canicule du mois de juin, la surmortalité aurait été d’au moins 14 000 cas le mois dernier. Des chiffres encore provisoires, mais déjà très inquiétants..

Une estimation de décès

En juin 2026, une vague de chaleur intense a frappé l’Europe, causant selon des estimations la mort de près de 14 000 personnes dans six pays du continent. Ces chiffres proviennent d’une analyse de la surmortalité, un terme qui désigne l’augmentation du nombre de décès par rapport à la moyenne des années précédentes pour la même période. Par exemple, entre le 22 et le 28 juin, la France a enregistré 2 025 décès supplémentaires, la Belgique 1 747 entre le 18 juin et le 1er juillet, et l’Allemagne 6 800 sur la même semaine. Ces données ont été compilées par le site Politico à partir des statistiques officielles des pays concernés. Cependant, il est important de noter que ces chiffres restent des estimations, car les vagues de chaleur aggravent souvent des problèmes de santé préexistants plutôt que de provoquer directement des décès.

Données européennes

Le réseau statistique EuroMOMO, qui surveille la mortalité en Europe, a publié des chiffres encore plus alarmants : entre le 22 et le 28 juin 2026, les 27 pays de l’Union européenne ont enregistré 10 650 décès supplémentaires par rapport à la moyenne habituelle. Ces données ont été analysées par Lasse Skafte Vestergaard, médecin-chef au Statens Serum Institut danois, qui héberge EuroMOMO. Selon lui, il n’existe actuellement aucune autre explication plausible à cette hausse brutale de la mortalité, comme une épidémie ou une crise sanitaire majeure. Ces chiffres, bien que partiels, illustrent l’ampleur exceptionnelle de l’impact de cette canicule sur la santé publique en Europe.

Rôle de la pollution

La surmortalité liée aux vagues de chaleur ne s’explique pas uniquement par la hausse des températures. Julio Díaz, chercheur à l’Institut de santé Carlos III en Espagne, souligne que les canicules favorisent aussi l’augmentation des niveaux de pollution atmosphérique. En effet, les températures élevées peuvent provoquer une hausse des concentrations d’ozone, de dioxyde d’azote et de particules en suspension, des polluants qui affectent particulièrement les mêmes groupes vulnérables que la chaleur, comme les personnes âgées ou celles souffrant de maladies respiratoires ou cardiovasculaires. Díaz s’interroge sur l’absence de mesures ciblées contre cette pollution, pourtant tout aussi mortelle : « Personne ne vous dit de porter un masque ou de réduire la circulation. »

Ce que ça pourrait changer

Les chiffres de la surmortalité ont suscité une forte réaction dans la presse européenne. Le quotidien espagnol *La Vanguardia* a mis en avant le nombre de 10 000 décès supplémentaires sur sa une du 14 juillet 2026, soulignant l’urgence d’agir face à cette crise. L’article rappelle que l’impact des canicules sur la santé est un phénomène complexe, influencé par plusieurs facteurs, dont la pollution. Cette couverture médiatique reflète l’inquiétude croissante des autorités et des citoyens face à l’augmentation des vagues de chaleur, perçues comme un avant-goût des conséquences du *changement climatique*. Les débats portent désormais sur l’adaptation des politiques publiques pour protéger les populations les plus fragiles.

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