Incendies : la France annonce des renforts européens, l’Espagne déclare l’état d’urgence
Face à l’ampleur des feux, Paris a demandé jeudi l’activation du mécanisme de protection civile de l’UE tandis que le gouvernement espagnol a pris la direction des opérations d’urgence, normalement du ressort des régions. Plus de 30 000 personnes ont fui les incendies qui ravagent l’ouest de l’Hexagone et la région de Madrid, rapporte la presse européenne..
La France traverse une année exceptionnellement critique en matière d’incendies de forêt, qualifiée par plusieurs médias européens de « situation d’urgence dramatique ». Depuis le 23 juillet 2026, des feux ravagent notamment la Gironde, les Landes et le Var. Dans le département de la Gironde, près de 800 pompiers luttent contre un incendie déclenché près du bassin d’Arcachon, qui a déjà détruit 4 800 hectares et forcé l’évacuation préventive de 20 000 personnes. Un autre feu, près de Biscarosse dans les Landes, a parcouru 1 200 hectares et entraîné l’évacuation de plus de 5 000 habitants. Dans le Var, un incendie a endommagé une cinquantaine de maisons, dont 25 ont été détruites. Ces incendies s’inscrivent dans un contexte de chaleur extrême, un phénomène qui aggrave la sécheresse et favorise la propagation des flammes.
Face à l’ampleur des feux, la France a activé des plans d’urgence et sollicité une aide européenne. Le président Emmanuel Macron a annoncé dans la nuit du 23 au 24 juillet 2026 l’activation du mécanisme de protection civile de l’Union européenne, un système qui permet aux États membres de s’entraider en cas de catastrophe. La France recevra rapidement des renforts aériens : deux Canadair croates (avions spécialisés dans la lutte contre les incendies), deux Air Tractor portugais (avions de pulvérisation d’eau) ainsi que deux hélicoptères lourds Black Hawk tchèques et slovaques. Ces moyens supplémentaires visent à renforcer les capacités françaises, mises à rude épreuve par l’ampleur des sinistres.
L’Espagne est également confrontée à une situation critique, avec des incendies simultanés en périphérie de Madrid et dans la province d’Ávila. Ces feux ont entraîné l’évacuation de 10 000 personnes rien qu’à Madrid. La complexité de la crise réside dans la multiplication des foyers, situés à faible distance les uns des autres et répartis dans trois communautés autonomes différentes (unités administratives espagnoles comparables à des régions). Pour y faire face, le gouvernement espagnol a décrété le 23 juillet 2026 « l’état d’urgence d’intérêt national », une mesure exceptionnelle qui place le gouvernement central, basé à La Moncloa (siège du pouvoir exécutif espagnol), à la tête des opérations. Cette décision est justifiée par l’incapacité des régions à maîtriser seuls les feux. En Espagne, cette mesure n’avait été utilisée qu’une seule fois auparavant, lors de la panne d’électricité nationale en 2025.
Les médias européens soulignent les limites de la réponse politique face à ces catastrophes. La *Süddeutsche Zeitung*, un quotidien allemand, critique *« l’impuissance politique »* et relève que les mobilisations sont souvent limitées aux périodes de crise. Une fois les incendies éteints, l’attention retombe, alors que les experts alertent sur une menace durable. Víctor Resco de Dios, professeur d’ingénierie forestière à l’Université de Lleida, évoque des *« scénarios dantesques »* comparables à ceux observés en Californie ou en Australie, où des *méga-incendies* (feux de forêt d’une ampleur exceptionnelle) peuvent ravager des centaines de milliers, voire un million d’hectares. Ces experts rappellent que l’Europe doit se préparer à des crises plus fréquentes et intenses en raison du *dérèglement climatique*, qui aggrave les sécheresses et les vagues de chaleur.

