Stéphane Plouffe, numéro 2 présumé du chapitre de Montréal des Hells Angels introuvable
La Sûreté du Québec mène une enquête criminelle sur cette affaire considérée comme une disparition..
Stéphane Plouffe, surnommé « Fesse » dans les milieux des motards criminels, est un membre influent des Hells Angels au Québec. Agé de 57 ans (il aura 58 ans le 4 septembre 2026), il est considéré comme le numéro 2 présumé du chapitre de Montréal, le plus puissant du Québec. Plouffe est membre en règle du groupe depuis 1999 et a participé à la guerre des motards au début des années 2000. En 2004, il s’était livré aux autorités après trois ans de fuite et avait plaidé coupable pour trafic de cocaïne. En 2009, il a été condamné à une peine de prison pour complot de meurtre dans le cadre de l’opération SharQc, une vaste opération policière contre les Hells Angels. Son influence au sein de l’organisation est telle que sa disparition soudaine suscite de vives inquiétudes parmi les enquêteurs.
Stéphane Plouffe est officiellement considéré comme disparu depuis la découverte de sa voiture abandonnée aux abords du parc du Mont-Saint-Eustache, dans les Laurentides, jeudi dernier. Selon les informations de Radio-Canada, Plouffe aurait disparu entre dimanche et mardi derniers. Sa famille, contactée par les enquêteurs, ne collabore pas pour l’instant. La Sûreté du Québec (SQ) a lancé une enquête criminelle pour retrouver sa trace, en mobilisant ses enquêteurs spécialisés dans les homicides et le crime organisé. Cette disparition rappelle un autre cas similaire : celui de Nicolas David Carroll, fils d’un membre des Hells Angels, porté disparu depuis mai 2025. Seul son véhicule avait été retrouvé sous un viaduc, dans des circonstances qui laissent penser à une purge interne.
Plusieurs sources policières interrogées par Radio-Canada privilégient l’hypothèse d’une purge interne au sein des Hells Angels pour expliquer la disparition de Stéphane Plouffe. Une purge interne désigne une élimination ou une exclusion violente d’un membre par ses propres pairs, souvent pour des raisons de trahison, de désaccord ou de menace perçue pour la stabilité du groupe. Cette hypothèse est prise au sérieux par la SQ, qui a confié l’enquête à ses équipes spécialisées dans le crime organisé. Les enquêteurs s’appuient sur des rencontres suspectes entre membres des Hells Angels dans les jours suivant la découverte du véhicule de Plouffe. Cette pratique n’est pas inédite dans les milieux criminels organisés, où la loyauté et la discrétion sont des valeurs cardinales.
La disparition de Stéphane Plouffe intervient dans un contexte où les Hells Angels au Québec sont sous haute surveillance policière. Le chapitre de Montréal, dirigé par Martin Robert, est considéré comme le plus puissant du Québec et du Canada. Plouffe, en tant que numéro 2 présumé, occupait une position stratégique au sein de l’organisation. Sa disparition, si elle est confirmée comme une purge interne, pourrait indiquer des tensions ou des conflits au sein du groupe. La SQ, qui a déjà mené plusieurs opérations majeures contre les Hells Angels (comme l’opération Printemps 2001 ou SharQc), suit cette affaire de près. Les enquêteurs rappellent que Plouffe n’était pas sous surveillance électronique ou filature au moment de sa disparition, ce qui rend son cas d’autant plus mystérieux.
La famille de Stéphane Plouffe, contactée par les autorités, n’a pas encore réagi publiquement ni offert son aide aux enquêteurs. La SQ, de son côté, a mobilisé des ressources importantes pour élucider cette disparition, en collaboration avec d’autres services policiers. L’affaire est désormais entre les mains des enquêteurs aux homicides, spécialisés dans le crime organisé, ce qui souligne son caractère sérieux. Les résultats de l’enquête pourraient révéler des dynamiques internes complexes au sein des Hells Angels, un groupe criminel notoire pour sa structure hiérarchisée et ses règles strictes. En attendant, la communauté policière et le public restent en alerte, dans l’attente de nouvelles informations.

