L’incarcération du principal opposant de Guinée-Bissau fait craindre une dérive autoritaire
En Guinée-Bissau, pays dirigé par une junte militaire depuis un coup d’État survenu le 26 novembre 2025, le chef de l’opposition, Domingos Simões Pereira, a été placé en détention le vendredi 10 juillet. En pleine période de transition politique dans le pays, certains observateurs craignent que cette arrestation ne soit le signe avant-coureur de l’instauration d’un régime autoritaire..
En Guinée-Bissau, un pays d’Afrique de l’Ouest, une junte militaire dirigée par le général Horta N’Tam a pris le pouvoir lors d’un coup d’État le 26 novembre 2023. Depuis, le pays est en période de transition politique, marquée par deux événements majeurs prévus en 2025 : un référendum constitutionnel le 30 août et des élections présidentielle et législatives le 6 décembre. Ces scrutins visent à rétablir un cadre démocratique après des années de tensions politiques. La Guinée-Bissau, ancienne colonie portugaise indépendante en 1973, est connue pour son instabilité politique chronique, avec plusieurs coups d’État et tentatives de déstabilisation depuis son indépendance. Le PAIGC (Parti africain pour l’indépendance de la Guinée et du Cap-Vert), fondé par Amílcar Cabral, est l’un des partis historiques du pays, issu du mouvement de libération nationale.
Le 10 juillet 2025, Domingos Simões Pereira, 62 ans, président du PAIGC et figure centrale de l’opposition politique, a été incarcéré. Ancien Premier ministre entre 2014 et 2015, il est une personnalité majeure de la vie politique bissau-guinéenne depuis plus de dix ans. Les autorités judiciaires le soupçonnent d’être impliqué dans deux tentatives de coup d’État, l’une fin 2023 et l’autre en octobre 2025, ainsi que dans des délits financiers. Il avait déjà été détenu lors du putsch de novembre 2023, avant d’être placé en résidence surveillée. Le PAIGC dénonce une arrestation « abusive et arbitraire », affirmant qu’elle a été ordonnée sans « aucun fondement légal » par le juge Mamadu Embaló. Cette incarcération est perçue comme un tournant inquiétant pour l’avenir démocratique du pays, alors que des élections sont prévues dans quelques mois.
L’arrestation de *Domingos Simões Pereira* suscite des craintes quant à une dérive autoritaire du régime en place. Le PAIGC, principal parti d’opposition, y voit une manœuvre politique visant à affaiblir ses adversaires avant les élections de décembre 2025. Cette situation rappelle les tensions récurrentes en Guinée-Bissau, où les militaires ont souvent joué un rôle central dans la vie politique, malgré les transitions démocratiques. Le référendum constitutionnel prévu en août pourrait également être utilisé pour légitimer des réformes controversées. Les observateurs internationaux et les partis d’opposition craignent que ces événements ne préparent le terrain pour une consolidation du pouvoir par la junte militaire, au détriment des institutions démocratiques.

