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La CAQ promet de « combattre le crime » en ajoutant 300 policiers et 50 procureurs

ICI Radio-Canada · mis à jour il y a 8 j

Face à une criminalité qui a « changé », Fréchette veut s'attaquer davantage à la criminalité en ligne..

Nouveaux policiers

La Coalition Avenir Québec (CAQ), dirigée par Christine Fréchette, a annoncé le recrutement de 300 policiers supplémentaires au Québec. Ces agents viendront renforcer les effectifs de la Sûreté du Québec (SQ), la police provinciale, ainsi que ceux des corps policiers municipaux. L'objectif est d'augmenter la présence policière sur le terrain pour lutter contre la criminalité, notamment la radicalisation, la fraude, le recrutement de mineurs en ligne et la violence armée. Christine Fréchette n'a pas précisé comment ces policiers seraient répartis entre les différents services, mais elle a indiqué vouloir consulter les acteurs locaux pour une répartition optimale. Le coût total de cette mesure est estimé à 223 millions de dollars. Cette annonce s'inscrit dans une volonté de rassurer les citoyens, en particulier les familles et les aînés, sur leur sécurité dans leur quartier.

Centres anti-criminalité

En complément du renforcement policier, la CAQ prévoit la création de deux centres spécialisés dédiés à la lutte contre la criminalité en ligne, l'un à Québec et l'autre à Montréal. Ces centres auront pour mission de traquer les activités criminelles sur internet, comme le recrutement de mineurs ou les fraudes. Le ministre de la Sécurité publique, Ian Lafrenière, a souligné que les groupes criminalisés utilisent des outils technologiques avancés pour cibler les jeunes de manière insidieuse, parfois sans qu'ils en aient conscience. Ces centres s'ajoutent aux nouvelles équipes mixtes prévues par la CAQ, composées de policiers et d'intervenants en santé mentale, afin de mieux gérer les situations de détresse humaine nécessitant une approche adaptée.

Procureurs supplémentaires

Pour accélérer le traitement des dossiers judiciaires et réduire les délais, la CAQ souhaite embaucher 50 procureurs supplémentaires au Directeur des poursuites criminelles et pénales (DPCP). Ce service public est chargé de poursuivre les personnes accusées d'infractions criminelles au Québec. Christine Fréchette a expliqué que le manque de procureurs entraîne parfois l'abandon d'accusations faute de ressources. Pourtant, en juillet 2023, l'Association des procureurs aux poursuites criminelles et pénales (APPCP) avait estimé qu'il manquait plutôt 100 procureurs pour traiter tous les dossiers. Le coût de cette mesure s'élève à 223 millions de dollars, soit le même montant que pour les 300 policiers, ce qui porte le budget total de l'annonce à cette somme.

Réforme de la loi

La CAQ prévoit également une réforme de la loi sur la police pour doter les forces de l'ordre de nouveaux outils afin de contrer l'influence des groupes criminalisés en ligne. Ces groupes utilisent des méthodes sophistiquées pour recruter des jeunes ou commettre des fraudes, ce qui nécessite une adaptation des moyens de lutte. Cette réforme s'inscrit dans une volonté de moderniser les pratiques policières face à l'évolution des formes de criminalité. Le coût total de l'ensemble des mesures annoncées, incluant policiers, centres spécialisés, procureurs et réforme législative, est de 223 millions de dollars. Cette annonce marque le début de la campagne électorale de la CAQ en matière de sécurité publique.

Réactions politiques

L'annonce de la CAQ a suscité des réactions variées parmi les autres partis politiques québécois. Le Parti québécois (PQ), représenté par son chef Paul St-Pierre Plamondon, a critiqué la CAQ pour avoir supprimé en 2024 l'escouade de concertation communautaire du Service de police de la Ville de Montréal (SPVM), un programme de lutte contre la criminalité. Le Parti québécois solidaire (QS), avec Ruba Ghazal, a souligné les tensions passées entre le gouvernement et les procureurs, notamment sous le ministre Simon Jolin-Barrette, jugeant les investissements insuffisants pour une justice rapide. Le Parti conservateur, représenté par Éric Duhaime, a critiqué la détérioration de la sécurité publique sous la CAQ, tandis que le Parti libéral, avec Charles Milliard, s'est dit préoccupé par la hausse de la violence dans certains quartiers, comme à Québec.

Ce que ça pourrait changer

La pénurie de personnel dans le système judiciaire québécois ne se limite pas aux procureurs. La **bâtonnière du Québec**, **Me Catherine Claveau**, avait déjà alerté sur le manque de **greffiers** (personnes chargées de rédiger les actes judiciaires) et de **constables** (officiers de justice). Pour y remédier, le gouvernement a lancé en 2018 le projet **Lexius**, un virage numérique visant à améliorer l'efficacité des tribunaux. Ce projet s'inscrit dans une logique de modernisation, mais son impact reste à évaluer. Par ailleurs, la **Ville de Montréal** a annoncé en août 2023 l'équipement de ses policiers avec des **caméras corporelles** d'ici un an, une mesure que le gouvernement provincial pourrait soutenir. Tous les partis politiques ont indiqué qu'ils présenteraient leurs propres mesures en matière de sécurité publique dans les semaines à venir.

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