NapseflowNapseflow
Recherche

Après les restrictions du commerce avec les colonies israéliennes, l’accord de libre-échange avec l’UE est-il menacé ?

The Conversation France · mis à jour il y a 4 j

L’ESSENTIEL Que l’on considère les importations ou les exportations, l’Union européenne est la principale partenaire commerciale d’Israël, avec 43 milliards d’euros de marchandises échangées en 2025. Ces relations commerciales reposent sur un accord d’association dont le volet de libre-échange mentionne l'exigence d’étiquetage des productions issues des colonies illégales.

UE premier partenaire d'Israël

En 2025, l’Union européenne (UE) est le principal partenaire commercial d’Israël, avec des échanges de marchandises s’élevant à 43,3 milliards d’euros, soit 31,7 % du commerce extérieur israélien. Parmi ces échanges, 29,4 % des exportations israéliennes sont destinées à l’UE, tandis que 33,1 % de ses importations en proviennent. Les échanges de services, quant à eux, représentent 26,6 milliards d’euros en 2024. À l’inverse, Israël ne représente que moins de 1 % du commerce international de l’UE. Ces relations commerciales reposent principalement sur l’accord d’association euro-méditerranéen entre l’UE et Israël, entré en vigueur le 1er juin 2000. Cet accord crée une zone de libre-échange, supprimant les droits de douane sur la plupart des produits échangés, mais exclut explicitement les territoires occupés par Israël depuis 1967.

Règles d'étiquetage des produits

Depuis 2004, un arrangement technique entre l’UE et Israël permet d’identifier l’origine des produits via leur code postal sur les déclarations douanières. Une liste des localités situées dans les territoires occupés est établie par la Commission européenne. Les produits issus de ces territoires peuvent être importés dans l’UE, mais ne bénéficient pas des avantages tarifaires de l’accord de libre-échange. En 2015, la Commission a précisé les règles d’étiquetage obligatoire pour les produits des territoires occupés, confirmées par un arrêt de la Cour de justice de l’UE en 2019. Par exemple, une bouteille de vin produite dans une colonie israélienne en Cisjordanie doit mentionner explicitement son origine : « produit d’une colonie israélienne en Cisjordanie ». Cette distinction évite de tromper le consommateur européen sur l’origine réelle des marchandises.

Avis de la CIJ en 2024

Le 19 juillet 2024, la Cour internationale de justice (CIJ) de l’ONU a rendu un avis consultatif historique déclarant que les colonies israéliennes en Cisjordanie et à Jérusalem-Est sont illégales au regard du droit international. Elle a également souligné que les États doivent distinguer les territoires israéliens des territoires palestiniens occupés dans leurs relations commerciales. Cet avis a été largement approuvé par l’Assemblée générale de l’ONU le 18 septembre 2024, avec 124 voix pour, 14 contre et 43 abstentions. La France a voté en faveur de cette résolution, contrairement à l’Allemagne et à l’Italie, qui se sont abstenues. La résolution exige la fin de l’occupation israélienne dans un délai d’un an, estimant que cette occupation constitue un fait illicite engageant la responsabilité internationale d’Israël.

Restrictions nationales en Europe

En réponse à l’avis de la CIJ et à la résolution de l’ONU, plusieurs pays européens ont durci leurs règles commerciales vis-à-vis des colonies israéliennes. En septembre 2026, une déclaration commune a été signée par 12 pays (Canada, Danemark, Espagne, Finlande, France, Irlande, Islande, Norvège, Pologne, Portugal, Royaume-Uni et Suède) pour introduire des restrictions nationales contre les biens issus des colonies. La France, le Royaume-Uni et le Canada ont annoncé leur intention d’interdire purement et simplement le commerce de ces produits. La France justifie cette décision par l’expansion des colonies, les violences des colons et le projet E1, qui menace la continuité territoriale d’un futur État palestinien. Cependant, Paris précise qu’il ne s’agit pas d’un boycott d’Israël, mais d’une mesure ciblée contre les colonies illégales.

Ce que ça pourrait changer

L’UE et Israël sont liés par un *accord d’association* dont l’article 2 stipule que les relations commerciales reposent sur le respect des droits humains et des principes démocratiques, considérés comme un « élément essentiel ». Depuis septembre 2025, la Commission européenne a proposé de suspendre certaines dispositions commerciales de cet accord, une mesure qui divise profondément les États membres. L’Espagne et l’Irlande soutiennent des sanctions fermes, tandis que la France a récemment interdit les produits des colonies. L’Allemagne et l’Italie, bien qu’opposées à l’extension des colonies, refusent d’interdire le commerce avec ces territoires. Cette division interroge la capacité de l’UE à utiliser son influence économique pour faire respecter le droit international, alors que certains pays comme les États-Unis privilégient des mesures protectionnistes.

Sujets complémentaires
Mille millions de mille cyborgs ! Pourquoi les pirates informatiques demandent de plus en plus de rançons en cryptomonnaies
L’ESSENTIEL Les rançongiciels, ces logiciel bloquant l’accès à un ordinateur en volant ses données en échange d’une rançon, ont rapporté plus de 800 millions de dollars en 2025. Pour partir avec leur butin, les pirates du Web passent de plus en plus par les cryptomonnaies, plus rémunératrices et moins traçables. Les positions ambiguës des États, comme la Russie, l’Iran et la Corée du Nord, brouillent encore plus les pistes pour les gendarmes financiers. Cet été , une cyberattaque d’ampleur a touché le système d’information de la Direction générale des finances publiques (DGFiP) avec le vol de données fiscales et cadastrales de 678 000 particuliers et professionnels. Les fuites : noms, prénoms, adresses po
Les faucons russes, idéologues du conservatisme modernisateur
Depuis les années 1960, des idéologues soviétiques puis russes ont développé une théorie associant traditionalisme et modernisation technologique pour promouvoir un État autoritaire de type stalinien. Leur influence ne résulte pas seulement de la diffusion de leurs idées, mais aussi de leur capacité à s’organiser en réseaux et à tirer parti d’un pluralisme idéologique toujours strictement encadré par le pouvoir. Dans son livre les Faucons russes. Des idéologues au service de l’empire. De 1960 à nos jours , paru le 17 septembre aux Presses universitaires de France, Juliette Faure, professeure de science politique à l’Université libre de Bruxelles, retrace la généalogie de ce mouvement et montre comment, depuis l’invasion de l’Ukraine en 2022, ses thèmes impérialistes, anti-occidentaux et conservateurs ont retrouvé une place centrale. Extraits. Aux origines du conservatisme modernisateur</h2

Ce contenu a été généré par intelligence artificielle à partir de l'article source. Il peut contenir des erreurs ou imprécisions.