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Six years on, why lobbying success for COVID victims’ association in Italy over pandemic mismanagement matters

The Conversation France · mis à jour il y a 16 j

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Pandémie et démocratie sanitaire

L’article aborde l’impact d’une association italienne de victimes du COVID-19, Sereni e sempre uniti, fondée en Bergame, épicentre de la pandémie en Europe. Il relie cette mobilisation à la notion de démocratie sanitaire, un concept qui vise à associer les citoyens, les professionnels de santé et les décideurs publics dans l’élaboration des politiques de santé. Cette approche, inspirée par des mouvements comme celui du sida en France dans les années 1990, cherche à éviter les décisions unilatérales des autorités et à garantir une réponse plus transparente et inclusive face aux crises sanitaires. Cependant, son application reste inégale selon les pays et est souvent remise en question lors de nouvelles épidémies, comme celle d’Ebola en République démocratique du Congo.

Échec gestion crise COVID

L’Italie, premier pays européen touché par le COVID-19, a connu une gestion critiquée de la crise dans la région de Bergame, où plus de 6 000 décès ont été enregistrés. Malgré un système de santé régional réputé, les politiques de privatisation progressive des infrastructures publiques ont affaibli la capacité de réponse. Les mesures prises pendant la première vague ont été qualifiées de bricolage et de négligence systémique : saturation des hôpitaux, manque d’oxygène, attente interminable aux urgences, et même des images de camions militaires évacuant des cercueils. Les familles des victimes ont dénoncé ces dysfonctionnements, décrivant des décès à domicile par asphyxie faute de soins accessibles.

Association et mobilisation légale

Face à l’inaction des autorités, l’association Sereni e sempre uniti, créée par des familles de victimes, a adopté une stratégie inédite en combinant soutien aux membres et actions en justice. Avec l’aide d’avocats comme Consuelo Locati, elle a déposé 700 plaintes contre le ministère italien de la Santé, la présidence du Conseil des ministres et les administrateurs de la Lombardie. Ces plaintes ont conduit à l’ouverture d’une enquête en avril 2020, aboutissant en 2023 à l’inculpation de responsables politiques et sanitaires. L’objectif était triple : établir la vérité, obtenir justice et reconnaissance pour les victimes, et restaurer leur dignité bafouée. Cette démarche s’inscrit dans une volonté de réduire l’impunité des décideurs et d’améliorer la préparation aux futures épidémies.

Victoire juridique historique

Le 10 avril 2025, la Cour suprême de cassation italienne a élargi la définition du crime de délit d’épidémie par négligence pour y inclure l’omission, la négligence, l’inaction et le silence en cas de devoir d’information. Cette décision, qualifiée de victoire paysagère, pourrait relancer des procédures judiciaires contre des responsables politiques et sanitaires dont les affaires avaient été classées sans suite. Elle pourrait aussi inspirer des réformes législatives ailleurs en Europe. Par ailleurs, en 2024, la Cour européenne des droits de l’homme a accepté d’examiner le cas de l’association, une étape rare puisque seulement 5 % des plaintes aboutissent à une audience.

Reconnaissance officielle des victimes

Le 24 mars 2026, le tribunal pénal de Rome a officiellement reconnu les familles de victimes comme telles, lors d’une audience préliminaire impliquant des responsables du ministère de la Santé. Le tribunal a établi que le plan pandémique national italien, censé être mis à jour régulièrement, ne l’avait pas été, notamment par manque de ressources. Cette reconnaissance a brisé l’omerta et l’immunité entourant les échecs de gestion de la crise pendant six ans. Lors de cette audience, environ 100 membres de l’association, venus de plus de 600 km, ont assisté aux côtés de leurs avocats, symbolisant la force de leur mobilisation collective.

Impact sur la démocratie sanitaire

Les succès juridiques de l’association Sereni e sempre uniti démontrent le pouvoir des mobilisations citoyennes face aux autorités, dans un contexte où ni la politique ni les institutions sanitaires n’avaient su expliquer les causes de la catastrophe. Ces victoires renforcent la capacité des associations à contester les décisions publiques et à promouvoir une forme de démocratie sanitaire. L’enquête ethnographique menée auprès des familles montre que cette mobilisation a aussi aidé à restaurer un sens aux épreuves subies, transformant des deuils perçus comme injustes en actions collectives porteuses de sens. Cependant, l’article souligne que des étapes restent à franchir pour étendre cette reconnaissance juridique à d’autres pays et intégrer pleinement la participation citoyenne dans les stratégies de préparation aux épidémies.

Ce que ça pourrait changer

La redéfinition du *délit d’épidémie par négligence* en Italie marque un tournant juridique. Désormais, l’omission, la négligence, l’inaction ou le silence en cas de devoir d’information peuvent être punis par la prison. Ce concept, encore limité à l’Italie, pourrait inspirer d’autres pays à adopter des législations similaires pour tenir les États responsables de la préparation de leurs systèmes de santé. L’article souligne que cette avancée pourrait renforcer la confiance du public dans les institutions et améliorer l’efficacité des réponses aux épidémies. Cependant, son extension à d’autres contextes géographiques ou thématiques, comme la participation communautaire, reste à explorer.

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