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Société

On a tenté de comprendre la politique étrangère de Donald Trump

Slate FR · mis à jour 3 oct.

De la quête de la gloire internationale à la hantise du prix du gallon à la pompe, retour sur le pivot agressif de la Maison-Blanche. Une stratégie de la force qui menace de faire basculer la majorité républicaine aux midterms..

Trump et l'isolationnisme

Donald Trump a marqué sa présidence par une politique étrangère qualifiée d’isolationniste, c’est-à-dire une approche où les États-Unis (USA) tendent à se retirer des engagements internationaux pour privilégier leurs intérêts nationaux. Cette stratégie s’est illustrée par le retrait de l’accord de Paris sur le climat en 2017, le retrait de l’accord nucléaire iranien en 2018, ou encore la remise en cause des alliances militaires comme l’OTAN (Organisation du traité de l’Atlantique Nord). Trump a souvent justifié ces choix en insistant sur le coût financier pour les États-Unis et sur la nécessité de protéger les emplois américains. Par exemple, il a critiqué les dépenses militaires des alliés européens, estimant que ceux-ci ne contribuaient pas assez au budget de l’OTAN, qui s’élève à environ 2 % de leur PIB. Cette politique a été perçue comme un tournant par rapport à la diplomatie multilatérale traditionnelle des États-Unis, où le pays jouait un rôle de leader dans les institutions internationales.

Stratégie du 'America First'

La doctrine du ‘America First’ (L’Amérique d’abord) a été le socle de la politique étrangère de Trump. Ce principe, popularisé lors de sa campagne électorale en 2016, consiste à placer les intérêts des États-Unis au-dessus de toute autre considération, y compris les alliances ou les accords internationaux. Concrètement, cela s’est traduit par des mesures protectionnistes, comme l’imposition de tarifs douaniers sur les importations chinoises pour un montant total de 360 milliards de dollars en 2019, ou encore le retrait des négociations commerciales comme le Partenariat transpacifique (TPP). Trump a également utilisé les sanctions économiques comme outil de pression, notamment contre l’Iran, la Russie ou la Corée du Nord, dans le but de faire plier ces pays sur des questions comme le programme nucléaire ou les droits de l’homme. Cette approche a parfois conduit à des tensions avec des partenaires traditionnels, comme l’Union européenne.

Relations avec l'Iran

Les relations entre les États-Unis et l’Iran sous la présidence Trump ont été marquées par une escalade des tensions. En 2018, Trump a annoncé le retrait des États-Unis de l’Accord de Vienne (ou JCPOA, Joint Comprehensive Plan of Action), un traité signé en 2015 sous l’administration Obama pour limiter le programme nucléaire iranien en échange d’une levée partielle des sanctions économiques. Trump a qualifié cet accord de « désastreux » et a rétabli des sanctions contre l’Iran, visant notamment son secteur pétrolier. En réponse, l’Iran a progressivement abandonné ses engagements nucléaires, réduisant ses stocks d’uranium enrichi et reprenant des activités interdites. En 2019, des incidents en mer d’Oman, comme l’attaque de tankers pétroliers, ont encore aggravé la situation, poussant les États-Unis à déployer des troupes supplémentaires dans la région du golfe Persique.

Gestion des alliances militaires

Donald Trump a régulièrement remis en question les alliances militaires des États-Unis, notamment l’OTAN, fondée en 1949 pour contrer l’influence soviétique pendant la Guerre froide. Il a critiqué ses alliés européens, comme l’Allemagne, pour leur faible contribution financière à l’alliance, estimant que ces pays devaient augmenter leurs dépenses militaires à 2 % de leur PIB. En 2018, Trump a même menacé de retirer les États-Unis de l’OTAN si les membres ne respectaient pas leurs engagements. Par ailleurs, il a adopté une approche transactionnelle avec des pays comme la Corée du Sud, négociant une augmentation des contributions financières de Séoul pour le maintien des troupes américaines sur place. Ces positions ont semé le doute sur la fiabilité des États-Unis en tant que partenaire stratégique, tout en poussant certains alliés à renforcer leur autonomie militaire.

Politique commerciale agressive

La politique commerciale de Trump s’est distinguée par son agressivité, notamment envers la Chine, avec laquelle les États-Unis entretiennent un déficit commercial de 345 milliards de dollars en 2019. En 2018, Trump a imposé des tarifs douaniers de 25 % sur 250 milliards de dollars de produits chinois, et la Chine a riposté en taxant des produits américains pour un montant équivalent. Ces mesures ont provoqué une guerre commerciale qui a affecté les économies des deux pays, ralentissant la croissance mondiale. Trump a justifié ces sanctions par la nécessité de protéger les industries américaines, comme l’acier ou l’agriculture, et de lutter contre les pratiques déloyales de la Chine, comme le vol de propriété intellectuelle. Malgré ces tensions, un accord commercial partiel (phase one deal) a été signé en janvier 2020, prévoyant notamment l’achat par la Chine de 200 milliards de dollars de produits américains sur deux ans.

Ce que ça pourrait changer

L’une des caractéristiques de la politique étrangère de Trump a été son imprévisibilité, qui a souvent surpris les observateurs et les partenaires internationaux. Contrairement à une diplomatie traditionnelle, où les décisions sont prises après des consultations approfondies, Trump a privilégié les annonces soudaines et les tweets, comme en 2018 lorsqu’il a annoncé le retrait des troupes américaines de Syrie, une décision qui a pris de court ses alliés kurdes et provoqué un chaos local. Cette approche a parfois conduit à des contradictions, comme en 2019, lorsque Trump a menacé la Corée du Nord de « destruction totale » avant de proposer une rencontre historique avec Kim Jong-un. Cette imprévisibilité a rendu difficile la planification à long terme pour les autres pays, tout en alimentant les débats sur la stabilité de la politique étrangère américaine.

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