La police antiterroriste britannique enquête sur le meurtre d’Ann Widdecombe, une proche de Nigel Farage
L’arrestation d’un homme de 28 ans, qui aurait parcouru plus de 400 kilomètres jusqu’au domicile d’Ann Widdecombe, relance les spéculations autour du meurtre de cette ex-députée et ministre conservatrice devenue une figure de Reform UK, survenu la semaine dernière. Le gouvernement a annoncé, lundi 13 juillet, que la police antiterroriste se saisissait de l’enquête..
Ann Widdecombe était une figure politique britannique, ancienne députée conservatrice et ministre sous le gouvernement de John Major dans les années 1990. Née en 1947, elle a également siégé au Parlement européen de 1999 à 2009. Après son départ des Tories (Parti conservateur), elle s'est rapprochée du Brexit Party en 2019, puis a rejoint Reform UK en 2023, un parti eurosceptique et populiste dirigé par Nigel Farage. Elle était connue pour ses prises de position controversées, notamment sur l'immigration et l'Union européenne. Son engagement politique l'a rendue médiatique, mais aussi polarisante. Elle est décédée à l'âge de 78 ans dans des circonstances violentes, ce qui a déclenché une enquête criminelle. Son parcours illustre les divisions politiques au Royaume-Uni autour du Brexit et de l'identité nationale.
Ann Widdecombe a été retrouvée morte dans sa maison isolée de Haytor, dans le Devon (région rurale du sud-ouest de l'Angleterre), le jeudi 9 juillet 2024. Les premiers rapports suggéraient qu'elle avait pu succomber à un malaise, un AVC (accident vasculaire cérébral) ou une crise cardiaque. Ces hypothèses étaient basées sur l'état du corps et l'absence de signes évidents de lutte. Cependant, la découverte de blessures graves à la tête a rapidement orienté les enquêteurs vers une origine criminelle. Cette évolution montre comment une enquête policière peut basculer d'une cause naturelle à un acte violent après des analyses plus poussées. Le Devon est une zone peu peuplée, ce qui a pu faciliter l'acte ou retarder sa découverte.
Quelques heures après la découverte du corps, un premier suspect a été interpellé, mais il a été libéré sans charges. Cette première piste a rapidement été abandonnée, illustrant la difficulté des enquêtes criminelles où les fausses pistes sont fréquentes. Le 11 juillet 2024, un second suspect, un homme de 28 ans originaire de Rotherham (ville du South Yorkshire, dans le nord de l'Angleterre), a été arrêté. Les enquêteurs pensent qu'il a parcouru plus de 400 kilomètres en voiture pour se rendre au domicile de Widdecombe. Cette distance souligne la préméditation possible de l'acte. Des voisins ont rapporté avoir vu l'homme quitter les lieux vers 7 heures du matin avec un objet dissimulé sous son tee-shirt, décrit comme un bâton en bois ou une barre métallique d'environ 30 centimètres. Ces détails suggèrent une préparation méthodique.
Les enquêteurs ont récupéré des images de vidéosurveillance montrant le suspect quittant une adresse liée à son domicile quelques heures avant le meurtre présumé. Ces images, obtenues par le journal The Sun, pourraient aider à établir sa présence sur les lieux ou à retracer ses déplacements. Par ailleurs, des voisins ont décrit son comportement comme suspect, notamment en raison de l'objet dissimulé qu'il transportait. Ces éléments renforcent l'hypothèse d'un acte prémédité. L'enquête s'appuie désormais sur des preuves matérielles et des témoignages pour reconstruire la chronologie des événements. La mobilité du suspect entre deux régions éloignées (plus de 400 km) indique une logistique complexe, ce qui pourrait révéler un réseau ou des complices.
Ann Widdecombe était une figure controversée du paysage politique britannique, notamment pour ses positions radicales sur l'immigration et l'Union européenne. Son engagement dans des partis populistes comme le *Brexit Party* ou *Reform UK* avait alimenté des débats houleux. Son meurtre a immédiatement suscité des spéculations sur une possible motivation politique, bien que rien ne le confirme pour l'instant. La *police antiterroriste britannique* (*Counter Terrorism Policing*) a été saisie de l'enquête, ce qui suggère que les autorités envisagent toutes les hypothèses, y compris celle d'un acte motivé par des convictions extrêmes. L'enquête est en cours et aucun mobile officiel n'a encore été confirmé. Les autorités appellent à la prudence pour éviter toute interprétation hâtive.

