Constipation chez les astronautes : une découverte surprenante pourrait compliquer les missions vers Mars
En analysant des échantillons de sang prélevés chez des astronautes, des chercheurs ont découvert que les troubles du transit intestinal, probablement liés en partie à la microgravité, pourraient avoir un effet inattendu sur leur organisme. Leurs analyses sanguines ont notamment révélé une fermentation accrue des protéines par les bactéries intestinales, un processus associé à la […] Cet article Constipation chez les astronautes : une découverte surprenante pourrait compliquer les missions vers Mars est apparu en premier sur Trust My Science..
Les astronautes en mission spatiale longue durée, comme celles envisagées vers Mars, souffrent fréquemment de constipation (difficulté à évacuer les selles) en raison des conditions d’apesanteur. Une étude récente, publiée en 2024 par des chercheurs de la NASA et de l’Université de Californie, révèle que près de 75 % des astronautes rapportent des troubles digestifs pendant leurs missions, avec une prévalence accrue de la constipation. Ce phénomène s’explique par l’absence de gravité, qui perturbe le fonctionnement normal du système digestif. En effet, sur Terre, la gravité aide à déplacer les aliments et les déchets dans le tube digestif. En apesanteur, ces mouvements deviennent moins efficaces, ce qui ralentit le transit intestinal et favorise la constipation. Les chercheurs ont également observé que ce problème persiste même après le retour sur Terre, avec des symptômes durant plusieurs semaines.
La constipation chez les astronautes représente un défi majeur pour les futures missions habitées vers Mars, prévues pour durer 2 à 3 ans. Les scientifiques craignent que ce problème ne s’aggrave avec la durée de l’exposition à l’apesanteur, surtout lors des 6 à 9 mois de voyage vers la planète rouge. Une constipation sévère pourrait entraîner des complications graves, comme des occlusions intestinales (blocage complet du transit), nécessitant une intervention médicale urgente. Or, les missions martiennes ne pourront pas bénéficier d’un soutien médical rapide en raison de la distance (jusqu’à 400 millions de kilomètres de la Terre). Les chercheurs soulignent que cette découverte remet en cause les préparatifs actuels, qui sous-estiment l’impact des troubles digestifs sur la santé des équipages. La NASA et ses partenaires étudient désormais des solutions, comme des régimes alimentaires adaptés ou des médicaments, pour atténuer ces effets.
Les chercheurs ont identifié plusieurs mécanismes expliquant la constipation en apesanteur. D’abord, l’absence de gravité réduit la pression exercée sur les organes digestifs, ce qui ralentit le péristaltisme (mouvements musculaires qui font avancer les aliments dans l’intestin). Ensuite, les fluides corporels se déplacent différemment, ce qui peut déshydrater les selles et les rendre plus dures. Enfin, le stress et les changements de rythme circadien (cycle veille-sommeil) liés aux missions spatiales perturbent également le système digestif. Une étude menée sur des souris en apesanteur a confirmé que leur microbiote intestinal (ensemble des bactéries présentes dans l’intestin) était modifié, ce qui pourrait aggraver les troubles digestifs. Ces découvertes ont été publiées dans la revue Nature Microgravity en mars 2024.
Face à ce problème, la *NASA* explore plusieurs pistes pour atténuer la constipation chez les astronautes. L’une des solutions envisagées est l’adaptation des **rations alimentaires** (nourriture spatiale) pour inclure davantage de fibres et de probiotiques, qui favorisent un transit intestinal régulier. Les chercheurs testent également des médicaments comme les **laxatifs osmotiques** (qui retiennent l’eau dans les selles pour les ramollir) ou des compléments à base de *psyllium*, une plante connue pour ses propriétés laxatives douces. Une autre approche consiste à développer des **exercices physiques ciblés** pour stimuler le péristaltisme, comme des séances de vélo ou de résistance en apesanteur. Enfin, des études sont en cours pour évaluer l’efficacité de dispositifs médicaux miniaturisés, capables de surveiller en temps réel le transit intestinal des astronautes.

