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Géopolitique

Moustiques : comment s’en débarrasser

Courrier International · mis à jour il y a 13 j

Chaque semaine, “Courrier international” explique ses choix éditoriaux. Dans ce numéro, nous nous penchons sur un minuscule tueur en série : le moustique.

Le moustique, un tueur silencieux

Le moustique est décrit comme le plus impitoyable des êtres vivants de la planète, capable de transformer les douces soirées d'été en cauchemars. Cet insecte, presque silencieux, se nourrit de sang humain et peut transmettre des maladies mortelles comme le paludisme, la dengue, la fièvre jaune, le virus Zika, le virus du Nil occidental ou encore le chikungunya. Ces maladies provoquent chaque année plus d’un million de morts dans le monde. Le moustique est particulièrement actif au crépuscule, moment où ses victimes potentielles sont les plus vulnérables. Son impact va bien au-delà des simples piqûres, car il représente une menace sanitaire majeure, notamment dans les régions tropicales et tempérées en expansion.

Une menace en expansion

Selon une étude de l’Institut de recherche pour le développement (IRD), du Cirad et de l’Abdus Salam International Centre for Theoretical Physics (ICTP), publiée le 10 août 2026 dans la revue Global Change Biology, le moustique-tigre et la dengue pourraient s’étendre à tout l’Hexagone (la France métropolitaine) d’ici à cinquante ans, sous l’effet du réchauffement climatique, à l’exception des zones montagneuses. Cette expansion géographique est favorisée par l’augmentation des températures et la modification des écosystèmes, ce qui permet aux moustiques de coloniser de nouvelles régions. La France, jusqu’ici épargnée par certaines maladies comme la dengue, pourrait donc voir sa situation sanitaire se dégrader.

Stratégies de lutte mondiale

Face à cette menace, plusieurs pays développent des stratégies innovantes pour lutter contre les moustiques. Aux États-Unis, à Singapour et en Chine, des méthodes comme l’utilisation de drones pour repérer les zones infestées, des pièges odorants pour attirer et capturer les moustiques, ou encore l’emploi de bactéries comme la Wolbachia pour limiter leur reproduction sont testées. Ces approches visent à réduire les populations de moustiques sans recourir uniquement aux insecticides, dont l’efficacité diminue en raison de l’adaptation rapide des insectes. Par exemple, les moustiques ont développé une résistance au DDT, un insecticide puissant utilisé dans les années 1950, en seulement sept ans. Ces innovations montrent que la lutte contre les moustiques est un enjeu mondial, nécessitant des solutions variées et adaptées.

Éradication : une solution risquée

L’idée d’éradiquer les moustiques est évoquée, mais elle soulève des questions éthiques et écologiques. Le journal catalan Ara souligne que le moustique joue un rôle clé dans l’écosystème : ses larves filtrent la matière organique, servant de nourriture aux poissons et amphibiens, tandis que les adultes sont consommés par des oiseaux, des chauves-souris et des libellules. De plus, certains moustiques participent à la pollinisation de plantes. Éliminer cette espèce pourrait donc avoir des conséquences imprévues sur la biodiversité. Les experts estiment qu’un remède pire que le mal pourrait en résulter, rendant cette solution peu viable à long terme.

Ce que ça pourrait changer

Les moustiques possèdent une **capacité d’adaptation exceptionnelle**, ce qui rend leur élimination difficile. Leur résistance aux insecticides, comme le DDT, illustre cette capacité. Les stratégies de lutte doivent donc évoluer constamment pour rester efficaces. Par exemple, l’utilisation de bactéries comme la *Wolbachia* perturbe la reproduction des moustiques, réduisant ainsi leur nombre sans recourir à des produits chimiques. Ces méthodes, bien que prometteuses, nécessitent des recherches continues et des investissements importants pour être déployées à grande échelle. La lutte contre les moustiques est un combat sans fin, où l’innovation doit sans cesse rattraper l’adaptation de l’insecte.

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