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Géopolitique

Au Maghreb et dans la Corne de l’Afrique, même les dromadaires surchauffent

Courrier International · mis à jour il y a 14 j

Les dromadaires sont connus pour leur résistance aux températures élevées. Mais les épisodes caniculaires au Maghreb et dans la Corne de l’Afrique en font des victimes du changement climatique, comme l’explique la “BBC”, qui relève une hausse de la mortalité..

Dromadaires en danger

Les dromadaires, animaux emblématiques des régions arides comme le Maghreb et la Corne de l’Afrique, subissent désormais les effets des canicules extrêmes. En Éthiopie, dans la région Afar, un éleveur nommé Ali Umer, propriétaire de 500 dromadaires, témoigne des souffrances de ses bêtes : ampoules aux pieds, yeux larmoyants et pelage rongé par le sable brûlant. Ces symptômes s’accompagnent de pertes économiques, comme la mort de huit jeunes dromadaires en un mois. Les spécialistes expliquent que ces animaux, réputés pour leur résistance à la chaleur, supportent traditionnellement des températures jusqu’à 40 °C grâce à un mécanisme d’adaptation interne. Cependant, les vagues de chaleur actuelles dépassent ces limites, mettant en péril leur survie et leur productivité.

Mécanismes de survie

Les dromadaires possèdent des adaptations physiologiques remarquables pour survivre dans des environnements extrêmes. Leur corps peut faire varier sa température interne de plusieurs degrés au cours de la journée, ce qui leur évite de transpirer et limite ainsi la perte d’eau. Leur urine est très concentrée et leurs selles très sèches, réduisant encore davantage la déshydratation. Leur peau épaisse agit comme un écran protecteur contre les rayons solaires. Ces mécanismes leur permettent de vivre dans des zones où les températures dépassent régulièrement 40 °C. Cependant, lorsque les canicules deviennent plus intenses et prolongées, ces stratégies ne suffisent plus, et leur métabolisme est perturbé, entraînant stress, fatigue et déshydratation.

Conséquences des canicules

Les épisodes caniculaires actuels, de plus en plus fréquents et intenses, ont des répercussions dramatiques sur les dromadaires et leurs éleveurs. Les animaux souffrent de stress, de fatigue et de déshydratation, ce qui réduit leur productivité et leurs capacités de reproduction. Les sécheresses prolongées aggravent la situation en dégradant leur habitat : l’eau, la végétation et les zones d’ombre deviennent rares, rendant leur survie encore plus difficile. En l’absence de soins vétérinaires adaptés, ces conditions entraînent une hausse de la mortalité, comme en témoigne la perte de huit jeunes dromadaires en un mois pour un éleveur éthiopien. Les scientifiques soulignent que ces canicules, autrefois exceptionnelles, sont désormais un phénomène courant au Maghreb depuis 1981, selon l’Organisation météorologique mondiale (OMM).

Rôle des éleveurs

Les éleveurs de dromadaires, comme Ali Umer en Éthiopie, jouent un rôle central dans la gestion de ces crises. Leur subsistance dépend entièrement de ces animaux, qui représentent souvent leur dernière ressource face à l’avancée du désert. Cependant, les canicules extrêmes menacent directement les fonctions vitales des dromadaires, mettant en péril leur rôle économique et social. Abdelmadjid Chehma, professeur à l’université de Ghardaïa en Algérie, souligne que ces animaux, autrefois considérés comme résistants, deviennent désormais des victimes du changement climatique. Les éleveurs doivent faire face à des pertes financières et à une dégradation de leurs conditions de vie, sans toujours avoir accès à des solutions adaptées.

Ce que ça pourrait changer

Le changement climatique aggrave la fréquence et l’intensité des canicules dans des régions déjà arides comme le Maghreb et la Corne de l’Afrique. Selon l’Organisation météorologique mondiale (OMM), les épisodes de chaleur extrême ont augmenté depuis 1981, devenant un phénomène récurrent. Cette évolution menace directement les dromadaires, dont les mécanismes d’adaptation ne suffisent plus à compenser les nouvelles conditions climatiques. Les scientifiques et les éleveurs s’inquiètent de l’impact à long terme sur la biodiversité et les moyens de subsistance des populations locales. Sans mesures d’adaptation ou de mitigation, la situation pourrait s’aggraver, mettant en danger à la fois les animaux et les communautés qui en dépendent.

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