Le Royaume-Uni nationalise British Steel pour reprendre la main sur la production d’acier
Pékin “s’oppose fermement” à la prise de contrôle par l’État britannique, jeudi 16 juillet, de la dernière aciérie du pays, propriété du groupe chinois Jingye. Une mesure de souveraineté industrielle, défend le gouvernement..
Le gouvernement britannique, dirigé par le Premier ministre Keir Starmer, a annoncé le 16 juillet 2026 la nationalisation de British Steel, une entreprise spécialisée dans la production d’acier. Cette décision intervient quinze mois après une première intervention gouvernementale pour éviter la fermeture de l’aciérie de Scunthorpe, située en Angleterre, et la suppression de 4 000 emplois. La nationalisation vise à préserver une industrie considérée comme stratégique pour le pays. Le Parlement britannique avait déjà voté en avril 2025 pour placer l’entreprise sous tutelle, une mesure contestée par son propriétaire chinois, le groupe Jingye.
Le gouvernement justifie cette nationalisation par l’intérêt national, soulignant que British Steel représente l’un des piliers de la puissance industrielle du Royaume-Uni. Selon Keir Starmer, cette décision garantit l’avenir de la sidérurgie britannique, préserve des emplois qualifiés et protège une ressource essentielle pour le pays. L’aciérie de Scunthorpe, l’une des dernières du genre au Royaume-Uni, est présentée comme un symbole de la souveraineté industrielle. La nationalisation a été décidée alors que le gouvernement de Starmer approche de la fin de son mandat, marquant une intervention forte dans l’économie.
La Chine, propriétaire de British Steel via le groupe Jingye, a réagi vivement à cette nationalisation. Le ministre chinois du Commerce a critiqué la décision, affirmant qu’elle portait atteinte aux intérêts de son pays. Cette opposition s’inscrit dans un contexte de tensions économiques entre le Royaume-Uni et la Chine, notamment sur les questions de propriété industrielle et de contrôle des ressources stratégiques. La tutelle imposée à l’entreprise en avril 2025 avait déjà suscité le mécontentement de Pékin, avant même la nationalisation définitive.
La nationalisation de British Steel permet d’éviter la suppression de 4 000 emplois dans l’aciérie de Scunthorpe, un site industriel historique en Angleterre. Ces emplois sont qualifiés et représentent une part importante de l’économie locale. En prenant le contrôle de l’entreprise, l’État britannique s’engage à maintenir ces postes et à assurer la pérennité de la production d’acier, un secteur crucial pour des industries comme la construction, l’automobile ou l’énergie. Cette mesure vise également à sécuriser l’approvisionnement en acier, une ressource stratégique pour le pays.
La crise autour de *British Steel* a débuté en 2025, lorsque le groupe chinois *Jingye*, propriétaire de l’entreprise depuis 2019, menaçait de fermer les hauts-fourneaux de Scunthorpe. Le Parlement britannique avait alors voté en urgence pour placer l’aciérie sous tutelle, une première étape avant la nationalisation. Cette intervention s’inscrit dans une période où le gouvernement britannique cherche à renforcer son contrôle sur des secteurs clés de l’économie, notamment ceux liés à l’industrie lourde et à la transition énergétique.

