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Quand les antennes-relais au sol ne répondent plus, ce dirigeable pourrait rétablir les communications depuis la stratosphère

Science & Vie · mis à jour il y a 3 j

Un ballon géant a quitté le Nouveau-Mexique, franchi le Pacifique et s'est installé au-dessus du Japon. Pendant une semaine, il a servi d'antenne relais stratosphérique à des téléphones ordinaires, sans aucune modification..

Antennes au sol : limites actuelles

Les réseaux de télécommunications modernes reposent en grande partie sur des antennes-relais installées au sol, qui permettent de transmettre les signaux téléphoniques et internet sur de longues distances. Ces infrastructures, bien que performantes, présentent des limites majeures : leur couverture est inégale, notamment dans les zones rurales ou montagneuses, où le relief bloque les ondes. De plus, elles sont vulnérables aux catastrophes naturelles, comme les séismes ou les inondations, qui peuvent les endommager et paralyser les communications. En France, par exemple, environ 10 % de la population vit dans des zones mal desservies, selon les données de l’ARCEP (Autorité de régulation des communications électroniques). Ces antennes sont également coûteuses à déployer et à entretenir, avec des investissements annuels estimés à plusieurs centaines de millions d’euros pour les opérateurs comme Orange, SFR ou Bouygues Telecom.

Stratosphère : une alternative prometteuse

Pour pallier ces problèmes, des chercheurs et entreprises explorent des solutions alternatives, dont l’utilisation de dirigeables stratosphériques. Ces aéronefs, évoluant à une altitude comprise entre 18 et 25 kilomètres, pourraient servir de relais de télécommunications en cas de défaillance des antennes au sol. Contrairement aux satellites, qui orbitent à plusieurs centaines de kilomètres d’altitude, ces dirigeables restent dans la stratosphère, une couche de l’atmosphère où les vents sont plus stables et où les conditions météorologiques sont moins extrêmes. Leur avantage principal est leur capacité à couvrir de vastes zones géographiques avec un seul appareil, réduisant ainsi les coûts d’infrastructure. Des projets comme celui porté par l’entreprise française Thales Alenia Space ou le programme Stratobus (porté par Thales) visent à tester cette technologie d’ici 2025.

Dirigeable : fonctionnement et avantages

Un dirigeable stratosphérique est un aéronef plus léger que l’air, rempli d’hélium ou d’hydrogène (ce dernier étant plus léger mais inflammable), qui se déplace à une altitude fixe grâce à des moteurs électriques alimentés par des panneaux solaires. Contrairement aux ballons météorologiques, ces dirigeables sont pilotables et peuvent maintenir leur position pendant des semaines, voire des mois. Leur rôle serait de relayer les signaux 4G ou 5G entre les utilisateurs et les réseaux terrestres, en cas de panne ou de saturation des antennes classiques. Leur déploiement serait particulièrement utile lors d’événements majeurs, comme des catastrophes naturelles, où les infrastructures au sol sont endommagées. Selon les estimations, un seul dirigeable pourrait couvrir une zone de 500 à 1 000 kilomètres de diamètre, avec une capacité de transmission comparable à celle de 100 antennes-relais.

Déploiement : défis et calendrier

Malgré leur potentiel, les dirigeables stratosphériques doivent encore surmonter plusieurs obstacles avant une mise en service commerciale. Le principal défi est leur stabilité : à cette altitude, les vents peuvent atteindre des vitesses élevées, ce qui rend leur positionnement précis difficile. De plus, leur endurance dépend de la météo et de la durée de vie des batteries solaires, qui doivent résister aux variations de température et aux radiations. Des tests sont en cours, comme ceux menés par le projet Stratobus en 2023, avec un premier vol prévu en 2025. Le coût de développement d’un tel système est estimé à plusieurs dizaines de millions d’euros, mais les promoteurs estiment que le retour sur investissement serait rapide grâce à la réduction des coûts de maintenance des antennes au sol. Les acteurs clés incluent des entreprises aérospatiales comme Thales Alenia Space et des opérateurs télécoms, ainsi que des institutions comme le CNES (Centre national d’études spatiales).

Ce que ça pourrait changer

Les dirigeables stratosphériques pourraient avoir deux usages principaux. Le premier est **l’urgence** : en cas de catastrophe naturelle (inondation, tremblement de terre, etc.), ils permettraient de rétablir rapidement les communications pour les secours et les populations. Par exemple, lors des inondations en Europe en 2021, des zones entières sont restées sans réseau pendant plusieurs jours, compliquant les opérations de sauvetage. Le second usage est **l’extension de la couverture** dans les zones isolées ou mal desservies, comme les déserts, les montagnes ou les îles. Contrairement aux satellites, qui nécessitent des équipements coûteux pour capter leur signal, ces dirigeables offriraient une solution plus accessible. Des pays comme l’Australie ou les États-Unis, où les zones rurales sont vastes, s’intéressent déjà à cette technologie pour réduire la fracture numérique.

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