NapseflowNapseflow
Sciences

Même avec des signes précoces d’Alzheimer, un régime riche en végétaux pourrait réduire le risque de démence de 29%

Science & Vie · mis à jour il y a 21 j

Ce que nous mangeons pèse sur le cerveau autant que sur le cœur. Restait une question, bien manger protège-t-il encore ceux dont le sang trahit déjà une maladie d’Alzheimer débutante ? En suivant des seniors suédois, des chercheurs relient un régime anti-inflammatoire à un risque de démence plus faible..

Alimentation et cerveau

L’alimentation influence directement la santé du cerveau, au même titre que celle du cœur. Des études antérieures avaient déjà montré que certains régimes, comme le régime méditerranéen, pouvaient réduire les risques de maladies neurodégénératives comme la maladie d’Alzheimer. Cependant, une question restait en suspens : ces bénéfices s’appliquent-ils aussi aux personnes déjà porteuses de signes précoces de cette maladie ? Pour y répondre, des chercheurs ont mené une étude sur des seniors suédois, afin d’évaluer l’impact d’un régime riche en végétaux sur le risque de démence. Les résultats suggèrent qu’un tel régime pourrait diminuer ce risque de 29 %, même en présence de marqueurs biologiques indiquant un Alzheimer débutant.

Régime anti-inflammatoire

Un régime anti-inflammatoire est un mode d’alimentation qui favorise les aliments réduisant l’inflammation chronique dans le corps. Il privilégie les végétaux (fruits, légumes, noix, céréales complètes), les graisses saines comme celles de l’huile d’olive ou des poissons gras, et limite les produits transformés, les sucres raffinés et les graisses saturées. L’inflammation chronique est un processus où le système immunitaire réagit de manière excessive, endommageant progressivement les tissus, y compris ceux du cerveau. Dans cette étude, les chercheurs ont observé que les participants suivant ce type de régime présentaient un risque réduit de 29 % de développer une démence, y compris ceux dont le sang montrait déjà des signes précoces de la maladie d’Alzheimer. Cela suggère que ce régime pourrait jouer un rôle protecteur, même en cas de prédisposition génétique ou biologique.

Étude sur des seniors suédois

L’étude a été menée sur une cohorte de seniors suédois, c’est-à-dire un groupe de personnes âgées suivies sur une période prolongée pour analyser l’évolution de leur santé. Les chercheurs ont recueilli des données sur leur alimentation, leur état de santé général et des marqueurs biologiques spécifiques à la maladie d’Alzheimer. Ces marqueurs, comme la présence de protéines bêta-amyloïdes ou de tau dans le sang ou le liquide cérébrospinal, sont des indicateurs précoces de la maladie. En comparant les habitudes alimentaires des participants avec leur risque de démence, les scientifiques ont établi un lien entre un régime riche en végétaux et une réduction significative de ce risque, même chez ceux présentant déjà des signes biologiques de la maladie. Cette étude apporte ainsi une preuve supplémentaire de l’importance de l’alimentation dans la prévention des maladies neurodégénératives.

Ce que ça pourrait changer

Les résultats de l’étude indiquent que les participants suivant un régime riche en végétaux présentaient un risque de démence inférieur de 29 % par rapport à ceux ayant une alimentation moins équilibrée. Ce chiffre est issu d’une analyse statistique comparant les deux groupes sur plusieurs années. Il ne s’agit pas d’une guérison ou d’une inversion des symptômes, mais d’une réduction du risque de développer une démence, y compris chez des personnes déjà porteuses de marqueurs biologiques de la maladie d’Alzheimer. Cette réduction de 29 % est significative, car elle suggère que des changements alimentaires pourraient avoir un impact concret sur la santé cérébrale, même en présence de facteurs de risque biologiques. Cependant, cette étude ne prouve pas que le régime seul peut prévenir la maladie, mais elle renforce l’idée que l’alimentation joue un rôle clé dans la protection du cerveau.

Sujets complémentaires