Cette protéine est 2000 fois plus sucrée que le sucre et réduirait de moitié le pic glycémique
Une protéine tirée d'un fruit africain sucre une glace 2000 fois plus fort que le sucre. Chez des patients au foie fragilisé, elle réduirait de moitié le pic glycémique qui suit le dessert.
En octobre 2026, des chercheurs russes ont utilisé une protéine naturelle appelée brazzéine pour sucrer une glace vanille. Cette protéine, extraite d’un fruit africain nommé oubli (ou Pentadiplandra brazzeana), est 2000 fois plus sucrée que le saccharose, le sucre de table classique. Cela signifie que quelques milligrammes de brazzéine suffisent pour obtenir le même niveau de douceur que des dizaines de grammes de sucre. Cette propriété intéresse particulièrement les industries alimentaires, car elle permettrait de réduire fortement la quantité de sucre ajoutée dans les produits, tout en conservant un goût sucré intense. La brazzéine est déjà consommée traditionnellement en Afrique de l’Ouest, où elle est utilisée pour adoucir certains aliments locaux.
Des nutritionnistes du centre fédéral de nutrition et de biotechnologie de Moscou ont mené un essai clinique en octobre 2026 pour évaluer les effets de cette glace sucrée à la brazzéine. L’étude a porté sur 101 patients adultes atteints de stéatose hépatique métabolique, une maladie qui se caractérise par un foie engorgé de graisse, souvent liée à un surpoids ou à des troubles métaboliques. Chaque participant a consommé trois versions différentes de glace vanille à 100 grammes : une version classique avec du saccharose, une version sucrée à la brazzéine, et une troisième combinant brazzéine et inuline, une fibre végétale. L’objectif était de comparer l’impact de ces recettes sur la glycémie, c’est-à-dire le taux de sucre dans le sang, après la consommation du dessert.
Les résultats de l’essai ont montré que la consommation de la glace sucrée à la brazzéine entraînait un pic glycémique environ deux fois plus bas que celui observé avec la glace classique au saccharose. Le pic glycémique désigne l’augmentation rapide et temporaire du taux de sucre dans le sang après un repas, un phénomène particulièrement marqué chez les personnes atteintes de diabète de type 2. Chez ces patients, la glycémie peut monter très haut après un repas sucré, ce qui aggrave leur état de santé. Dans cette étude, les chercheurs ont utilisé un capteur placé sur le bras des participants pour mesurer en continu leur glycémie après chaque dégustation. Aucun effet indésirable sérieux n’a été signalé pendant l’essai.
Si les résultats sont prometteurs, les chercheurs soulignent que la réduction du pic glycémique ne peut pas être attribuée uniquement à la brazzéine. En effet, les recettes testées contenaient également des polyols (comme le maltitol ou l’érythritol) et des fibres (comme l’inuline), des ingrédients qui ralentissent l’absorption du sucre dans le sang. Les polyols sont des sucres-alcools souvent utilisés comme édulcorants dans les produits sans sucre, mais leur absorption par l’intestin est moins efficace que celle du sucre classique. L’essai ne prévoyait pas de comparer directement la brazzéine seule à ces autres ingrédients, ce qui rend difficile l’attribution exclusive de l’effet observé à la protéine. Des études complémentaires seraient nécessaires pour isoler son rôle précis.
Les auteurs de l’étude insistent sur la nécessité de mener des essais plus longs et plus larges pour évaluer les bénéfices métaboliques durables de la brazzéine. À ce stade, les résultats concernent uniquement une consommation ponctuelle de glace et ne permettent pas de conclure sur les effets d’une consommation régulière. De plus, l’étude a été réalisée sur un échantillon spécifique de patients (atteints de stéatose hépatique), et il n’est pas certain que les résultats s’appliquent à d’autres populations, comme les personnes en bonne santé ou celles souffrant d’autres troubles métaboliques. Les chercheurs appellent donc à des investigations supplémentaires pour confirmer ces premiers résultats et explorer d’éventuels effets à long terme.

