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Artiste, assistant ou visiteur : qui a peint les peintures rupestres ? L'ADN retrouvé sur les parois des grottes pourrait enfin nous le révéler

Science & Vie · mis à jour 14 août

Les peintures rupestres ont traversé les millénaires sans révéler clairement qui les a réalisées. Désormais, l’ADN des grottes ajoute une nouvelle piste.

Peintures rupestres : mystère des auteurs

Les peintures rupestres, ces œuvres d’art préhistoriques réalisées il y a des dizaines de milliers d’années sur les parois des grottes, posent une question fondamentale : qui les a peintes ? Jusqu’à présent, les archéologues hésitaient entre plusieurs hypothèses. Certains pensaient que ces œuvres étaient l’œuvre d’artistes spécialisés, d’autres qu’elles pouvaient avoir été réalisées par des apprentis ou même des visiteurs occasionnels. Cette incertitude vient du fait que les traces laissées par les humains de cette époque sont rares et difficiles à interpréter. Les outils, les pigments ou les techniques utilisées ne permettent pas de trancher clairement. Pourtant, une avancée scientifique récente pourrait enfin apporter des réponses concrètes à cette énigme.

ADN sur les parois des grottes

Des chercheurs ont découvert qu’il était possible de retrouver des traces d’ADN humain sur les parois des grottes où se trouvent les peintures rupestres. Cette découverte ouvre une nouvelle piste pour identifier les auteurs de ces œuvres. En effet, l’ADN (acide désoxyribonucléique), présent dans toutes les cellules vivantes, peut persister des millénaires sous certaines conditions, notamment dans des environnements froids et secs comme ceux des grottes. En analysant ces traces génétiques, les scientifiques pourraient déterminer qui a touché ou soufflé sur les parois, et donc qui a participé à la création des peintures. Cette méthode, appelée métagénomique, consiste à étudier l’ensemble des génomes présents dans un échantillon, y compris ceux des bactéries ou des champignons, pour isoler l’ADN humain.

Trois hypothèses en compétition

Trois scénarios principaux sont envisagés pour expliquer la création des peintures rupestres. Le premier suppose qu’un artiste spécialisé, maîtrisant parfaitement les techniques de peinture, aurait réalisé ces œuvres. Le deuxième scénario imagine qu’un apprenti, moins expérimenté, aurait pu participer à la création, sous la supervision d’un expert. Enfin, le troisième scénario suggère que ces peintures pourraient avoir été réalisées par des visiteurs occasionnels, comme des chasseurs ou des membres de la tribu, sans intention artistique particulière. L’analyse de l’ADN pourrait permettre de distinguer ces trois cas : un artiste aurait laissé des traces plus nombreuses et variées, tandis qu’un visiteur occasionnel n’aurait peut-être laissé que quelques empreintes génétiques.

Méthodes d’analyse génétique

Pour extraire et analyser l’ADN des parois des grottes, les chercheurs utilisent des techniques sophistiquées. Ils prélèvent des échantillons de matière organique ou minérale sur les zones peintes ou autour, puis les analysent en laboratoire. L’ADN est ensuite séquencé, c’est-à-dire décodé pour identifier les séquences génétiques spécifiques à chaque individu. Les données sont comparées à des bases de données génétiques pour déterminer si elles correspondent à des humains modernes ou anciens. Cette méthode, bien que prometteuse, présente des défis : l’ADN peut être dégradé par le temps ou contaminé par d’autres sources, comme des bactéries ou des champignons. Les chercheurs doivent donc être extrêmement prudents pour éviter les faux positifs.

Applications concrètes et limites

L’analyse de l’ADN sur les parois des grottes pourrait avoir des applications bien au-delà de la simple identification des auteurs des peintures rupestres. Elle pourrait également révéler des informations sur les migrations humaines, les contacts entre groupes ou même les maladies dont souffraient nos ancêtres. Cependant, cette méthode a ses limites. Par exemple, l’ADN humain ne persiste pas indéfiniment : il se dégrade avec le temps, surtout dans des environnements humides ou chauds. De plus, les échantillons prélevés doivent être traités avec soin pour éviter toute contamination moderne. Malgré ces défis, les chercheurs restent optimistes et estiment que cette approche pourrait révolutionner notre compréhension de la préhistoire.

Ce que ça pourrait changer

Plusieurs grottes à travers le monde, comme celles de Lascaux en France ou d’Altamira en Espagne, font déjà l’objet d’études pour tester cette méthode. Ces sites, célèbres pour leurs peintures rupestres, offrent un terrain idéal pour valider l’efficacité de l’analyse génétique. Les chercheurs prévoient d’élargir leurs investigations à d’autres grottes moins connues, afin de comparer les résultats et d’affiner leurs conclusions. À terme, cette approche pourrait permettre de dresser une carte des interactions humaines à l’époque préhistorique, en identifiant qui a visité ces grottes et dans quel but. Les prochaines étapes incluent l’amélioration des techniques de prélèvement et d’analyse, ainsi que la collaboration avec des archéologues et des généticiens du monde entier.

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