Meta accusé de télécharger illégalement du porno pour entraîner ses IA
Le studio de production pornographique Vixen a porté plainte contre l’entreprise de Mark Zuckerberg à laquelle elle reproche d’avoir siphonné sur Bit Torrent près de 3 000 de ses vidéos, ainsi que toutes sortes de fichiers copyrightés ou douteux. Meta nie mais n’a pas encore convaincu la juge en charge de l’affaire..
En juillet 2026, le studio de production pornographique américain Vixen Media Group (filiale de Strike 3 Holdings) a porté plainte contre Meta, l’entreprise fondée par Mark Zuckerberg, propriétaire de Facebook, Instagram et WhatsApp. La plainte accuse Meta d’avoir téléchargé illégalement près de 3 000 vidéos pornographiques produites par Vixen, ainsi que d’autres contenus protégés par des droits d’auteur. Ces fichiers auraient été récupérés via BitTorrent, une plateforme de partage de fichiers souvent utilisée pour le téléchargement illégal. Meta a immédiatement nié ces accusations, mais une juge en charge de l’affaire a rejeté sa demande de non-lieu, estimant que les preuves présentées par Strike 3 étaient suffisamment sérieuses pour justifier un procès.
L’enquête menée par Strike 3 a révélé que Meta aurait collecté bien plus que les 2 973 vidéos de Vixen. Parmi les fichiers identifiés figurent des images issues du Celebgate de 2014, un piratage massif qui avait exposé des photos privées de célébrités comme Jennifer Lawrence et Kirsten Dunst. D’autres contenus incluent des deepfakes pornographiques utilisant les visages d’actrices comme Natalie Portman, Scarlett Johansson ou Gal Gadot, ainsi que des vidéos du studio GirlsDoPorn, fermé après des inculpations pour trafic sexuel. Meta aurait également téléchargé des œuvres protégées, comme l’intégrale des films du studio d’animation japonais Ghibli, des chansons d’artistes comme Dua Lipa, Elton John ou Paul McCartney, et même un jeu vidéo (NBA 2K23).
Meta a répondu aux accusations en qualifiant de sans fondement les allégations de Strike 3, soulignant que cette entreprise est régulièrement critiquée pour ses pratiques juridiques agressives, parfois qualifiées de copyright troll (chasseurs de droits d’auteur). Lors d’une audience, Meta a attribué ces téléchargements à des employés ou des prestataires ayant utilisé ses plateformes à des fins personnelles. Cependant, la juge Eumi Lee a rejeté cette explication, la jugeant peu crédible au vu du volume et de la nature systématique des téléchargements. Elle a évoqué un comportement coordonné algorithmiquement, suggérant que Meta aurait utilisé des outils automatisés pour collecter ces fichiers. Un expert en cybersécurité, Tom Chothia de l’université de Birmingham, a confirmé après analyse que des employés ou des systèmes de Meta étaient bien à l’origine de ces téléchargements.
Meta affirme éviter d’utiliser ce type de contenu pour entraîner ses modèles d’intelligence artificielle (*IA*) et rappelle que ses conditions d’utilisation interdisent la génération d’images pornographiques via ses outils. Cependant, le magazine *The Atlantic* souligne que les contenus *dangereux* ou *inappropriés* peuvent servir à tester les *garde-fous* des systèmes d’IA, c’est-à-dire à leur apprendre à éviter de produire ce genre de contenu. Une autre hypothèse est que Meta aurait archivé ces fichiers sans objectif précis, comme l’a fait l’entreprise *Anthropic* en constituant une *bibliothèque de recherche* à partir de millions de livres. *The Atlantic* rappelle que pour entraîner des IA capables de remplacer la créativité humaine, il est nécessaire d’ingérer un maximum de productions existantes, et que *BitTorrent* reste une méthode *rapide et peu coûteuse* pour accéder à ces données.

