« Vous vouliez qu’on ait peur » : au tribunal, la charge des avocats de Renault contre Rachida Dati et son « art de l’attaque »
Au cinquième jour du procès pour corruption de l’ancienne ministre, les représentants du constructeur automobile ont rappelé la stratégie de la terreur de l’élue parisienne et appelé à sa condamnation. Après avoir démoli consciencieusement toute sa stratégie de défense..
Le 24 septembre 2026, Rachida Dati, ancienne ministre française, est jugée pour corruption et trafic d’influence dans un procès qui dure depuis plusieurs jours. Elle est accusée d’avoir exercé des pressions sur la direction de Renault, notamment sur son président Jean-Dominique Senard, entre 2024 et 2026. Les faits reprochés incluent des menaces répétées et des actions en justice visant à déstabiliser l’entreprise. Ce procès se déroule au tribunal correctionnel de Paris, où Dati est représentée par ses avocats et où les parties civiles, dont Renault, exposent leurs arguments. La présidente du tribunal, Claire Saas, veille au bon déroulement des débats.
Les avocats de Renault, représentés par Me Kami Haeri, accusent Rachida Dati d’avoir mené une stratégie de terreur contre l’entreprise. Selon eux, Dati aurait cherché à inspirer la peur au sein de la direction de Renault pour obtenir des faveurs ou éviter des poursuites. Me Haeri a déclaré que Dati voulait « qu’on ait peur » et qu’elle utilisait « l’art de l’attaque » pour déstabiliser ses adversaires. Ces accusations s’appuient sur des actions en justice répétées, comme le dépôt de plaintes pour « omission de témoigner en faveur d’un innocent », une procédure rare qui vise à forcer une personne à témoigner dans un procès.
Lors de l’audience, Rachida Dati a réagi vivement aux propos de Me Haeri. Après avoir entendu pendant près d’une heure et demie les accusations portées contre elle, elle s’est retournée vers l’avocat de Renault et a lancé des mots inaudibles dans la salle, avant d’être rappelée à l’ordre par la présidente Claire Saas. Dati a ensuite continué à écouter les débats, dos tourné à Me Haeri, comme pour marquer son désaccord. Son attitude a été interprétée comme une tentative de montrer son mépris pour les accusations portées contre elle.
Ce procès soulève des questions juridiques complexes, notamment sur la notion de corruption et de trafic d’influence. La corruption désigne l’abus de pouvoir pour obtenir un avantage personnel, tandis que le trafic d’influence consiste à utiliser son influence pour faire pression sur une décision administrative ou judiciaire. Les avocats de Renault tentent de démontrer que Dati a utilisé ces pratiques pour intimider la direction de l’entreprise et obtenir des résultats. Le tribunal devra évaluer si les actions de Dati entrent dans le cadre de ces infractions pénales.
Si Rachida Dati est reconnue coupable de corruption et de trafic d’influence, elle risque des sanctions pénales, pouvant aller jusqu’à plusieurs années de prison et des amendes importantes. Une condamnation pourrait également avoir des répercussions politiques, car Dati est une figure publique connue, ancienne ministre et actuelle députée européenne. Son image pourrait être durablement affectée, et elle pourrait perdre des soutiens politiques ou médiatiques. Pour Renault, une victoire juridique pourrait renforcer sa position face à des pressions extérieures.

