Deux mois après le séisme au Venezuela, des sinistrés dans la plus grande précarité
À Caracas comme à La Guaira, les familles privées de logement survivent dans des conditions précaires, entre pénuries d’eau, problèmes d’hygiène et promesses de reconstruction, rapporte la presse vénézuélienne..
Le 24 juin 2026, un double séisme a frappé le Venezuela, causant au moins 6 500 morts et des dégâts considérables. Les régions les plus touchées sont Caracas, la capitale, et La Guaira, une ville côtière. Les tremblements de terre ont détruit plus de 60 000 logements, dont seuls 35 000 restent habitables. Les autorités vénézuéliennes, dirigées par le gouvernement de Delcy Rodríguez, tentent de gérer la crise, mais leur capacité à répondre à l'ampleur de la catastrophe est limitée. Le coût de la reconstruction est estimé entre 20 et 50 milliards de dollars, une somme colossale pour un pays déjà en crise économique.
Deux mois après les séismes, des milliers de familles vivent encore dans des conditions extrêmement précaires. À Caracas, des dizaines de familles occupent des campements improvisés sous des tentes de fortune, comme près du Panthéon national. Les fortes pluies du 22 et 23 août ont aggravé leur situation, inondant leurs abris et détruisant leurs maigres possessions. Les habitants survivent grâce à des dons, sans aide officielle. À La Guaira, les sinistrés sont entassés dans des refuges, où l'eau est disponible une seule fois par jour à 5h30 pour alimenter deux toilettes, et où l'hygiène est quasi impossible. Les familles doivent cohabiter avec des inconnus, ce qui crée des tensions et des risques d'abus, notamment pour les femmes et les enfants.
Les conditions de vie dans les refuges et campements exposent les sinistrés à des risques sanitaires majeurs. Le manque d'eau et d'hygiène favorise la propagation d'infections. Les familles, contraintes de se laver et de laver leurs vêtements avec très peu d'eau, utilisent des sacs pour faire leurs besoins, une pratique humiliante et dangereuse. Les mères ne laissent jamais leurs enfants seuls par crainte des abus, ce qui ajoute une pression psychologique intense. Les autorités fournissent une aide alimentaire et médicale, mais les promesses de reconstruction tardent à se concrétiser. La situation est décrite comme un « quotidien asphyxiant » par les habitants, qui dénoncent l'absence de réactivité des pouvoirs publics.
Le Venezuela, déjà fragilisé par une décennie de crise économique, peine à faire face aux conséquences des séismes. L'inflation reste incontrôlée et les coupures de courant se multiplient, aggravant la précarité des sinistrés. La mise sous tutelle américaine après l'arrestation de Nicolás Maduro en janvier 2026 n'a pas permis d'améliorer la situation. Les médias locaux, comme Efecto Cocuyo et El Pitazo, soulignent l'incapacité de l'État à gérer une crise d'une telle ampleur. Le pays est décrit comme « à bout », incapable de financer une reconstruction coûteuse dans un contexte de ressources limitées et de tensions politiques.
Les récits des sinistrés illustrent l'ampleur de la tragédie. Belkis Arias, une habitante de Caracas, raconte comment les pluies ont détruit son abri, la laissant avec sa famille couverte de boue et sans ressources. Yuraima, une autre victime, a vécu quinze jours dans la rue avant de rejoindre un refuge surpeuplé à La Guaira, où elle cohabite avec 400 personnes. Les témoignages mettent en lumière l'urgence d'une aide concrète et d'une reconstruction rapide. Les médias locaux, comme *Telesur* et *El Nacional*, relaient ces histoires pour alerter sur la situation et faire pression sur les autorités.

