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Environnement

El Niño : le Panama décrète un état d'urgence climatique, aussitôt contesté

Reporterre · mis à jour il y a 2 j

Le Panama a déclaré l'état d'urgence face à au phénomène El Niño qui pourrait cette année être le plus intense jamais enregistré. Mais cette décision se voit dénoncée pour son manque de transparence, avec la crainte qu'elle ne bénéficie pas réellement à la population.

Panama en alerte

Le gouvernement du Panama a déclaré un état d'urgence climatique le 12 novembre 2023 en raison des conséquences de El Niño, un phénomène météorologique naturel qui perturbe les conditions climatiques mondiales. Cette décision vise à anticiper les risques liés à la sécheresse et aux températures élevées, qui menacent les ressources en eau et l'agriculture du pays. L'état d'urgence permet de mobiliser des fonds et des ressources pour atténuer ces impacts. Cependant, cette mesure a immédiatement été contestée par des acteurs locaux, notamment des communautés autochtones et des organisations environnementales, qui critiquent son manque de mesures concrètes ou son caractère trop tardif. Le Panama, situé en Amérique centrale, est particulièrement vulnérable aux variations climatiques en raison de sa dépendance à l'agriculture et de sa géographie.

El Niño, phénomène clé

El Niño est un phénomène climatique naturel qui se produit tous les 2 à 7 ans en moyenne, généralement autour de décembre. Il se caractérise par un réchauffement anormal des eaux de surface dans l'océan Pacifique tropical, ce qui perturbe les courants atmosphériques et modifie les régimes de pluie à l'échelle mondiale. En 2023, El Niño est particulièrement intense, avec des températures océaniques supérieures de 1,5 à 2°C à la normale, selon l'Organisation météorologique mondiale (OMM). Ses effets incluent des sécheresses prolongées dans certaines régions, comme l'Amérique centrale, et des pluies diluviennes ailleurs. Ce phénomène est distinct du changement climatique, bien que les scientifiques étudient un possible lien entre leur intensité croissante.

Risques pour le Panama

Le Panama fait face à des risques majeurs liés à El Niño en 2023, notamment une baisse de 30 % des précipitations par rapport à la moyenne, selon les projections du gouvernement panaméen. Cette sécheresse menace l'approvisionnement en eau potable, essentiel pour les 4,4 millions d'habitants du pays, ainsi que l'agriculture, qui représente 2,5 % du PIB national. Le canal de Panama, une voie maritime stratégique reliant les océans Atlantique et Pacifique, pourrait également être affecté par la baisse du niveau d'eau, ce qui limiterait le passage des navires et impacterait le commerce mondial. Les autorités craignent aussi une augmentation des incendies de forêt et une dégradation de la biodiversité locale.

Contestation politique

La déclaration d'état d'urgence climatique a été immédiatement contestée par des acteurs locaux, dont des communautés autochtones comme les Guna Yala et des organisations environnementales comme Acción Climática. Leurs critiques portent sur plusieurs points : l'absence de mesures immédiates pour protéger les populations les plus vulnérables, comme les agriculteurs, et le manque de consultation des communautés locales dans l'élaboration de la réponse. Certains dénoncent également un manque de transparence sur l'utilisation des fonds mobilisés. Le gouvernement panaméen, dirigé par le président Laurentino Cortizo, justifie cette décision par la nécessité d'agir rapidement face à une crise aux conséquences imprévisibles, mais les opposants appellent à des actions plus concrètes et inclusives.

Ce que ça pourrait changer

Le Panama n'est pas le seul pays à subir les effets de *El Niño* en 2023. D'autres régions du monde, comme l'Indonésie ou l'Australie, connaissent des sécheresses extrêmes, tandis que des pays comme le Pérou ou la Colombie subissent des inondations. Cette situation intervient dans un contexte où les scientifiques alertent sur l'intensification des phénomènes climatiques extrêmes, en partie liée au **changement climatique** d'origine humaine. L'OMM a souligné que 2023 pourrait être l'année la plus chaude jamais enregistrée, avec des températures mondiales supérieures de 1,4°C par rapport à l'ère préindustrielle. Le Panama, en déclarant l'état d'urgence, s'inscrit dans une dynamique régionale de réponse aux crises climatiques.

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