Claire-Marie Roberts, experte en performance sportive : « il n'existe aucune preuve que la cryothérapie fonctionne »
La cryothérapie envahit les vestiaires du football professionnel anglais. Aucune donnée scientifique solide ne justifierait pourtant son utilisation pour favoriser la récupération musculaire après l'effort..
Claire-Marie Roberts, professeure en sciences du sport à l’université de Gloucestershire (Royaume-Uni) et experte reconnue en performance sportive, affirme qu’il n’existe aucune preuve scientifique solide démontrant l’efficacité de la cryothérapie. Cette technique consiste à exposer le corps à des températures extrêmement basses, souvent entre -110°C et -140°C, pendant une courte durée (1 à 3 minutes), dans une cabine spécialisée. Elle est largement utilisée par les athlètes professionnels pour accélérer la récupération après un effort intense, réduire les douleurs musculaires ou limiter les inflammations. Pourtant, selon cette spécialiste, les études menées jusqu’à présent ne permettent pas de confirmer ces bénéfices. Elle souligne que les résultats observés pourraient s’expliquer par un effet placebo, c’est-à-dire une amélioration perçue par le patient simplement parce qu’il croit en l’efficacité du traitement, sans que celui-ci ait un impact réel sur son corps.
Les recherches citées par Claire-Marie Roberts ont analysé plusieurs formes de cryothérapie, notamment la cryothérapie corps entier (CCE), où la personne est entièrement exposée au froid, et la cryothérapie locale, qui cible une zone précise comme un muscle ou une articulation. Aucune de ces méthodes n’a montré de différence significative par rapport à un placebo ou à des traitements conventionnels comme le repos, les étirements ou la compression. Par exemple, une étude publiée en 2023 dans le British Journal of Sports Medicine a comparé les effets de la cryothérapie à ceux d’un placebo chez des athlètes après un entraînement intense. Les résultats indiquaient que les deux groupes présentaient une récupération similaire, sans avantage clair pour la cryothérapie. Roberts précise que ces conclusions s’appliquent aussi bien aux sportifs amateurs qu’aux professionnels.
Au-delà de l’absence de preuves d’efficacité, Claire-Marie Roberts met en garde contre les risques potentiels de la cryothérapie. Bien que rares, des effets indésirables peuvent survenir, comme des engelures, des brûlures cutanées ou des problèmes respiratoires en cas d’inhalation d’air très froid. Elle souligne également que cette pratique peut masquer des douleurs ou des blessures sous-jacentes, retardant ainsi un diagnostic médical nécessaire. Par ailleurs, le coût de la cryothérapie, souvent élevé (entre 30 € et 100 € par séance), n’est pas justifié selon elle par des bénéfices scientifiquement prouvés. Roberts rappelle que des méthodes éprouvées, comme les bains de contraste (alternance d’eau chaude et froide) ou les massages, restent des alternatives plus sûres et moins coûteuses pour la récupération sportive.
Face à ces constats, Claire-Marie Roberts et d’autres experts en médecine sportive recommandent de privilégier des approches dont l’efficacité est mieux documentée. Parmi elles, le repos actif (mouvements légers sans effort intense), une hydratation adaptée, une alimentation riche en protéines et en antioxydants, ou encore des techniques de récupération comme le sommeil ou la méditation. Elle insiste sur l’importance de consulter un professionnel de santé avant d’adopter une nouvelle méthode de récupération, surtout en cas de doute sur son efficacité ou sa sécurité. Roberts conclut que la cryothérapie, bien que populaire, relève davantage du marketing que de la science, et que les athlètes devraient se méfier des promesses non étayées.

