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Généraliste

Et si l’on demandait à l’IA pour qui voter?

Le Devoir · mis à jour 28 sept.

Les robots conversationnels peuvent être un outil en période électorale, mais gare aux limites, prévient un expert..

IA en campagne électorale

Les élections provinciales québécoises de 2026 sont les premières à se dérouler dans un contexte marqué par l’intelligence artificielle (IA) générative, des outils capables de générer du texte, des images ou des réponses conversationnelles. Des modèles comme ChatGPT (OpenAI), Claude (Anthropic), Grok (xAI) et Gemini (Google) ont été interrogés par Le Devoir pour savoir s’ils pouvaient conseiller un électeur sur son choix de vote. Tous ont refusé de désigner un parti gagnant, insistant sur le fait que cette décision dépend des valeurs personnelles. Leur rôle s’est limité à présenter les cinq principaux partis en lice : la Coalition avenir Québec (CAQ), le Parti québécois (PQ), le Parti libéral du Québec (PLQ), Québec solidaire (QS) et le Parti conservateur du Québec (PCQ). Ces robots ont ensuite proposé d’analyser les promesses électorales de chaque formation en fonction des priorités de l’utilisateur, comme l’éducation, l’environnement ou les finances publiques.

Limites des IA comme guides

Jean-François Godbout, professeur en science politique à l’Université de Montréal et membre de l’institut Mila (spécialisé en IA), compare les IA à des outils comme la Boussole électorale de Radio-Canada ou les agrégateurs de sondages comme Qc125 : ils fournissent des informations pouvant éclairer un choix, mais ne remplacent pas une réflexion personnelle. Cependant, les IA présentent des risques. Contrairement à la Boussole, qui s’appuie sur les plateformes électorales des partis pour établir des positions factuelles, les IA analysent des données variées et moins structurées. Elles peuvent ainsi halluciner, c’est-à-dire générer des informations erronées ou incomplètes. Par exemple, le modèle Claude a affirmé à tort que le PQ ne partageait pas l’objectif de réduction de l’État, alors que ce parti inclut cette promesse dans sa plateforme. Ces erreurs soulignent l’importance de croiser les sources avant de prendre une décision.

Évolution des réponses des IA

Les réponses des IA ont évolué au fil de la campagne électorale. Lors d’un premier test réalisé deux semaines avant le scrutin, le modèle ChatGPT avait initialement proposé le Parti québécois (PQ) comme le parti «le plus apte à diriger le Québec», en s’appuyant sur les sondages et le désir de changement des électeurs. Cette réponse incluait une mention de l’indépendance comme élément clé de la plateforme péquiste. Cependant, lors d’un second test, ChatGPT a refusé de désigner un «meilleur parti». OpenAI, l’entreprise derrière ChatGPT, a précisé que ces résultats n’étaient pas constants et ne reflétaient pas le fonctionnement prévu de l’outil. Les autres modèles (Claude, Grok, Gemini) ont maintenu une position neutre dès le début. Jean-François Godbout rappelle que les IA ne sont pas programmées pour favoriser un parti, mais qu’une manipulation ciblée sur une longue période pourrait influencer un électeur.

Ce que ça pourrait changer

Les risques liés aux IA en période électorale sont pris au sérieux par les institutions. **Élections Québec**, l’organisme indépendant chargé de superviser les élections au Québec, a rappelé dans une déclaration que les outils d’IA ne génèrent pas toujours des informations exactes, malgré leur apparence convaincante. L’organisme a également contacté des entreprises comme **Google**, **X** (anciennement Twitter) et **Meta** pour les sensibiliser à la nécessité de promouvoir des contenus fiables et vérifiés pendant les élections. Ces entreprises sont invitées à limiter la diffusion de fausses informations ou de contenus biaisés qui pourraient influencer le vote. Le contexte est d’autant plus sensible que des études, dont une menée lors des élections canadiennes de 2025, ont montré que des IA programmées pour influencer le vote pouvaient y parvenir efficacement, bien que cela nécessite une interaction prolongée et ciblée avec l’utilisateur.

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