Trop de chevaux sauvages ? Trump trouve une astuce pour les envoyer à l'abattoir
Le gouvernement Trump a trouvé une astuce pour éliminer les coûteux 58 000 chevaux mustangs sauvages qu'il garde dans des parcs fédéraux. Le New York Times a révélé que le Bureau of Land Management ( BLM ), l'agence chargée de protéger ces animaux, les solde à bas prix à des intermédiaires qui les revendent à des abattoirs au Canada.
Aux États-Unis, notamment dans l’État du Nevada, une surpopulation de mustangs (chevaux sauvages protégés par la loi) pose un défi écologique et économique. Ces animaux, descendants des chevaux introduits par les colons européens, vivent en liberté dans des zones désertiques et semi-arides. Leur nombre a fortement augmenté ces dernières années, passant de 26 000 en 2019 à plus de 86 000 en 2023, selon les estimations des autorités fédérales. Cette croissance s’explique par l’absence de prédateurs naturels et par des conditions climatiques favorables à leur reproduction. Les mustangs sont protégés par le Wild Free-Roaming Horses and Burros Act de 1971, une loi fédérale qui interdit leur euthanasie ou leur abattage commercial, sauf en cas de surpopulation avérée et de risques pour l’écosystème ou les ressources en eau.
En 2020, l’administration du président Donald Trump a proposé une solution controversée pour gérer cette surpopulation : autoriser l’envoi de ces chevaux vers des abattoirs, où ils seraient abattus pour leur viande. Cette mesure s’inscrit dans le cadre d’un plan plus large visant à réduire les coûts liés à la gestion des mustangs, estimés à 100 millions de dollars par an pour le gouvernement fédéral. L’idée était de vendre ces chevaux à bas prix à des entreprises spécialisées dans l’abattage, une pratique déjà autorisée pour les animaux domestiques mais interdite pour les chevaux sauvages. Cette proposition a suscité une vive opposition des défenseurs des animaux et des écologistes, qui dénoncent une violation de la loi de 1971 et un traitement cruel des animaux.
Le Bureau of Land Management (BLM), une agence fédérale américaine chargée de la gestion des terres publiques, est l’institution clé dans cette affaire. Elle est responsable de la protection des mustangs mais aussi de la limitation de leur impact sur les écosystèmes fragiles du Nevada et d’autres États de l’Ouest américain. Le BLM a tenté de capturer et de stériliser des milliers de chevaux pour contrôler leur population, mais ces méthodes sont coûteuses, longues et souvent critiquées pour leur manque d’efficacité. En 2020, le BLM a annoncé vouloir euthanasier jusqu’à 130 000 mustangs sur une période de 15 ans, une décision qui a été bloquée par des recours juridiques et des pressions politiques.
La proposition de l’administration Trump a provoqué une vague de protestations de la part d’associations de protection animale comme Wild Horse Rescue ou American Wild Horse Campaign, ainsi que de personnalités politiques démocrates. Ces groupes ont saisi la justice pour bloquer la mesure, arguant qu’elle contrevenait à la loi de 1971 et qu’elle était moralement inacceptable. En 2021, un tribunal fédéral a suspendu le plan, estimant que le BLM n’avait pas respecté les procédures légales pour modifier ses règles. Depuis, la question reste en suspens, avec un statu quo qui maintient les mustangs en liberté tout en aggravant les tensions entre écologistes, éleveurs et autorités.
Le débat autour des *mustangs* illustre les conflits d’intérêts entre préservation de la biodiversité, gestion des ressources naturelles et contraintes budgétaires. D’un côté, les écologistes soulignent que les chevaux sauvages jouent un rôle dans la dispersion des graines et le maintien de certains écosystèmes, bien que leur impact soit parfois négatif sur les pâturages et les points d’eau. De l’autre, les éleveurs locaux, dont les troupeaux dépendent des mêmes ressources, réclament une réduction drastique du nombre de *mustangs* pour éviter la surconsommation des terres. Le coût annuel de 100 millions de dollars pour le gouvernement fédéral, combiné à l’absence de solution durable, rend la situation particulièrement tendue.

