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Vos heures de repas sont différentes en semaine que pendant le week-end ? Selon ces scientifiques, cela pourrait impacter votre cœur

Presse-Citron · mis à jour 3 oct.

Taper nos meilleures grasses matinées et décaler nos repas le samedi ou le dimanche pourrait-il nuire à notre santé ? C'est ce que suggère une vaste étude, qui pointe du doigt les effets surprenants de nos habitudes du week-end..

Décalage des repas

Une étude récente publiée dans la revue Communications Medicine révèle que le fait de modifier ses horaires de repas entre la semaine et le week-end pourrait avoir des conséquences sur la santé cardiovasculaire. Les chercheurs espagnols et français à l’origine de cette étude ont analysé les habitudes alimentaires de 104 806 adultes sur une période de 8,1 ans en moyenne. Ils ont observé que les variations d’horaires entre les jours de travail et les jours de repos, appelées jet-lag alimentaire, augmentaient les risques de maladies cardiaques chez les hommes. Ce phénomène se produit lorsque les repas sont pris plus tard le week-end en raison d’un rythme de vie plus détendu, comme des soirées prolongées ou des grasses matinées. L’étude souligne que ces changements d’horaires, indépendamment de la qualité de l’alimentation ou du sommeil, pourraient influencer la santé du cœur.

Risques cardiovasculaires

Les résultats de l’étude montrent une corrélation inquiétante entre le décalage des horaires de repas et les risques cardiovasculaires chez les hommes. Chaque heure supplémentaire de décalage entre les horaires de la semaine et ceux du week-end augmente de 14 % le risque global de maladies cardiovasculaires. Pour les cardiopathies coronariennes, qui incluent notamment les infarctus, ce risque grimpe à 21 % par heure de décalage. Les chercheurs précisent que même un décalage dans l’autre sens, c’est-à-dire des repas plus tôt le week-end, peut être tout aussi néfaste. Ils suggèrent que maintenir des horaires de repas réguliers pourrait être une stratégie efficace pour réduire ces risques. Cependant, l’étude ne permet pas d’établir un lien de causalité direct, mais seulement une association entre ces deux éléments.

Méthodologie de l'étude

Pour parvenir à ces conclusions, les chercheurs ont utilisé une méthodologie précise. Ils ont calculé le point médian entre la première et la dernière prise alimentaire ou boisson de la journée, aussi bien en semaine qu’en week-end. Cet indicateur permet de mesurer l’écart horaire entre les deux périodes. Les données ont ensuite été croisées avec les cas de maladies cardiovasculaires (infarctus, AVC, maladies coronariennes) survenus au sein du groupe étudié. L’analyse a porté sur une cohorte de 104 806 adultes, avec un suivi moyen de 8,1 ans. Les chercheurs ont également pris en compte d’autres facteurs comme le niveau d’activité physique, le stress ou la consommation d’alcool, bien que ces variables n’aient pas été mesurées dans l’étude.

Limites et perspectives

Bien que les résultats de l’étude soient préoccupants, les chercheurs soulignent plusieurs limites à leurs travaux. Ils n’ont établi qu’un lien de corrélation entre le décalage des horaires de repas et les risques cardiovasculaires, et non une relation de causalité. Cela signifie que d’autres facteurs non mesurés, comme la catégorie socio-professionnelle, les antécédents médicaux ou le niveau de stress, pourraient influencer les résultats. Les auteurs appellent donc à des recherches supplémentaires pour approfondir ces observations. Ils recommandent notamment d’explorer d’autres pistes, comme l’impact des semaines de travail de 40 heures sur la santé, bien que cette étude ne se soit pas aventurée sur ce terrain.

Ce que ça pourrait changer

Face à ces résultats, les chercheurs formulent une recommandation claire : maintenir des horaires de repas réguliers, aussi bien en semaine qu’en week-end, pourrait contribuer à réduire les risques cardiovasculaires. Ils suggèrent que cette régularité pourrait être une stratégie simple et accessible pour préserver la santé du cœur. Cependant, ils insistent sur la nécessité de confirmer ces observations par d’autres études avant de tirer des conclusions définitives. En attendant, il est conseillé de prêter attention à ses habitudes alimentaires et de limiter les variations trop importantes entre les jours de travail et les jours de repos, surtout pour les hommes qui semblent plus sensibles à ce phénomène.

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