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Pour le patron des caméras Flock, la vie privée passe après la sécurité

Next.ink · mis à jour il y a 3 h

Le patron de Flock ne veut pas freiner le progrès pour des considérations de vie privée. Face aux critiques sur son réseau de surveillance vidéo, Garrett Langley évoque les bénéfices pour la sécurité et rappelle à ses détracteurs qu’ils pourraient, eux aussi, devenir victimes d’un crime.

Flock et son réseau

Flock est une entreprise américaine spécialisée dans la fabrication et l'exploitation de caméras de surveillance, principalement utilisées pour surveiller les véhicules sur la voie publique. Son réseau compte 130 000 caméras déployées aux États-Unis. Ces caméras ne se contentent pas de filmer : elles reconnaissent automatiquement les plaques d'immatriculation des véhicules, ainsi que leur marque, leur modèle et leurs caractéristiques distinctives. Ces données sont ensuite enregistrées dans des bases de données centralisées, permettant de suivre les déplacements de millions d'automobilistes. Cette technologie, appelée LPR (License Plate Recognition, ou reconnaissance de plaques d'immatriculation en français), est au cœur du modèle économique de Flock. Le fondateur et PDG de l'entreprise, Garrett Langley, défend cette approche en mettant en avant ses bénéfices supposés pour la sécurité publique.

Priorité à la sécurité

Garrett Langley, le dirigeant de Flock, considère que la réduction de la criminalité justifie une limitation de la vie privée. Lors d'une table ronde organisée par TechCrunch en septembre 2026, il a affirmé que "si nous voulons vivre dans une société où les personnes qui commettent un crime ont davantage de chance de devoir répondre de leurs actes, nous ne devrions pas freiner le progrès". Pour lui, le déploiement de ces technologies de surveillance représente un progrès social, tandis que les critiques à leur encontre seraient des obstacles à une société plus sûre. Il a également invité les opposants à s'imaginer victimes d'un crime, suggérant que ces mêmes personnes pourraient un jour bénéficier des données collectées. Cette position s'inscrit dans une logique utilitariste, où les avantages collectifs (sécurité) priment sur les inconvénients individuels (atteinte à la vie privée).

Compromis vie privée-sécurité

Garrett Langley défend l'idée qu'il faut accepter un compromis entre vie privée et sécurité, plutôt que de privilégier l'un au détriment de l'autre. Dans une interview donnée à Fox News fin août 2026, il a déclaré que "quand les gens ne parlent que de l'un de ces deux enjeux, la vie privée ou la sécurité, ils se trompent de priorité. Ce que nous devons privilégier en tant que pays, c'est le compromis". Cette position reflète une vision où la sécurité collective est présentée comme un objectif supérieur, nécessitant des concessions individuelles. Flock se présente ainsi comme un acteur contribuant à un équilibre entre ces deux valeurs, même si cette approche est contestée par une partie de la société et des défenseurs des droits civiques.

Mesures d'encadrement

Face aux critiques et à la controverse entourant son réseau de caméras, Flock a annoncé en août 2026 plusieurs mesures pour encadrer l'utilisation des données collectées. À partir du 1er janvier 2027, les forces de l'ordre souhaitant accéder aux données Flock devront utiliser un outil d'examen conçu pour détecter une activité anormale. Si une anomalie est identifiée, l'accès de l'utilisateur sera bloqué en attendant un audit. Par ailleurs, la durée de stockage des données sera réduite de 30 à 7 jours, limitant ainsi la période pendant laquelle les informations restent accessibles. Les services de police devront également saisir un code issu de leur système de gestion des dossiers avant de lancer une recherche. Enfin, les clients (comme les villes) pourront limiter les catégories d'infractions pour lesquelles des recherches externes sont autorisées, par exemple en excluant les recherches liées à l'application des lois sur l'immigration.

Ce que ça pourrait changer

Malgré les mesures annoncées, Flock reste une entreprise controversée. Les critiques portent notamment sur les conditions d'accès aux données, avec des craintes de détournement ou d'usage abusif par les forces de l'ordre. Un article publié en 2025 par *Next INpact* révélait que la surveillance géolocalisée pouvait être détournée pour cibler des femmes enceintes, illustrant les risques de dérive. Garrett Langley reconnaît que des erreurs ont été commises, mais il les présente comme un *"prix à payer"* pour un objectif plus large : améliorer la sécurité de millions de personnes. Il affirme que les bénéfices revendiqués pour la majorité justifient ces compromis, une position qui ne convainc pas ses détracteurs, pour qui la vie privée ne devrait pas être sacrifiée au nom de la sécurité.

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