Could victory for the AfD spell the end of wind farms in Germany?
KEY TAKEAWAYS The far-right party Alternative für Deutschland (AfD), which came out on top in the elections in Saxony-Anhalt, has been pushing an anti-wind farm narrative for several years. The AfD intends to stop the installation of wind turbines, at a time when Germany is rapidly accelerating its energy transition.
En septembre 2026, le parti d'extrême droite allemand Alternative für Deutschland (AfD) a remporté deux élections régionales majeures en Allemagne : 44 % des voix en Saxe-Anhalt le 6 septembre, et 36 % d'intentions de vote en Mecklembourg-Poméranie-Occidentale le 20 septembre. Ces résultats marquent une avancée historique pour ce parti, qui a fait de l'opposition aux éoliennes un pilier de sa campagne. L'AfD critique vivement les politiques énergétiques traditionnelles, qu'elle qualifie de Altparteien (« vieux partis »), un terme historiquement utilisé par les Verts allemands dans les années 1980. Cette stratégie lui permet de se positionner comme un mouvement anti-establishment, tout en ciblant spécifiquement les projets éoliens, perçus comme imposés par les élites politiques et économiques.
L'énergie éolienne est au cœur du programme de l'AfD, qui propose 30 mesures dédiées, dont la quatrième vise à défendre les opposants locaux aux éoliennes. Le parti qualifie ces infrastructures de « Windmühlen der Schande » (« moulins à vent de la honte »), une expression utilisée lors de son congrès national en janvier 2025. L'AfD organise des événements publics pour dénoncer les impacts négatifs des éoliennes, notamment leur installation en forêt et leurs effets sur la biodiversité. Elle s'appuie sur des critiques existantes, comme celles de l'association de protection de la nature NABU, qui reproche à la politique énergétique allemande de violer la directive Oiseaux de l'Union européenne en menaçant des espèces protégées, comme le milan royal.
Depuis 2022, l'Allemagne accélère sa transition énergétique (Energiewende) en visant à consacrer 2 % de son territoire aux éoliennes terrestres d'ici 2032. Cette politique impose aux États régionaux (Bundesländer) d'identifier des zones prioritaires pour l'installation de turbines. Cependant, ces projets suscitent des tensions locales, car les riverains peuvent se sentir exclus des décisions. Les opposants aux éoliennes, souvent organisés en mouvements citoyens, dénoncent des procédures opaques et des impacts sur les paysages ou la faune. L'AfD instrumentalise ces frustrations pour fédérer un électorat au-delà de sa base traditionnelle.
L'AfD propose un moratoire sur les éoliennes, c'est-à-dire une suspension temporaire de leur installation. En théorie, un moratoire suspend l'application d'une loi, mais en pratique, les États régionaux n'ont pas le pouvoir de contourner les réglementations nationales ou européennes. L'AfD pourrait donc utiliser des leviers de planification pour freiner les projets, comme en Brandebourg, où des moratoires ont simplement retardé l'expansion éolienne sans l'arrêter. De plus, après 2027, si les objectifs nationaux ne sont pas atteints, le développement éolien deviendra plus flexible et moins contrôlable par les régions, ce qui pourrait paradoxalement favoriser leur expansion malgré les oppositions locales.
Malgré sa victoire en Saxe-Anhalt, l'AfD ne détient pas la majorité absolue (42 sièges nécessaires sur 87). Elle doit donc former une coalition, ce qui est rendu difficile par son opposition frontale au parti conservateur CDU, qu'elle critique vivement dans son programme. Historiquement, une Brandmauer (« mur de protection ») empêche les alliances avec l'extrême droite en Allemagne. Si l'AfD parvient à gouverner, elle pourrait introduire des restrictions, mais son influence reste limitée : la Saxe-Anhalt ne dispose que de 4 sièges sur 69 au Bundesrat (chambre haute du Parlement), où se décident les grandes orientations nationales et européennes.
Même si l'AfD gouverne une région, elle ne peut pas bloquer la transition énergétique allemande, car celle-ci est encadrée par des directives européennes et des lois nationales. Les moratoires régionaux ne font que ralentir les projets, comme cela a été observé dans d'autres États. L'incapacité de l'AfD à tenir ses promesses pourrait alimenter la frustration de ses électeurs, ce qui pourrait soit renforcer son discours anti-establishment en vue des élections nationales et européennes, soit, au contraire, discréditer son programme. La question reste ouverte : son ascension politique servira-t-elle de tremplin ou de piège pour l'AfD ?

