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Généraliste

La Hongrie s’apprête à amender la législation anti-LGBT+ de l’ère Orban

Le Devoir · mis à jour il y a 2 j

Les députés votent sur la suppression de la législation interdisant l’évocation de l’homosexualité..

Contexte politique

En Hongrie, le gouvernement du conservateur pro-UE Peter Magyar, arrivé au pouvoir en mai 2024, propose de modifier une loi controversée adoptée en 2021 sous l’ère du nationaliste Viktor Orbán. Cette loi, officiellement destinée à protéger les mineurs, interdisait toute évocation de l’homosexualité ou de l’identité de genre auprès des moins de 18 ans. Le parti de Peter Magyar, Tisza, dispose d’une majorité des deux tiers au Parlement, ce qui lui permet d’adopter le texte sans le soutien du parti Fidesz de Viktor Orbán, qui s’y oppose. Ce changement marque une rupture avec les politiques anti-LGBT+ de l’ancien gouvernement, bien que Peter Magyar présente ces modifications comme un renforcement des règles de protection de l’enfance, et non comme une reconnaissance des droits LGBT+.

Loi anti-LGBT+ de 2021

La loi hongroise de 2021, surnommée loi anti-LGBT+, a été introduite sous le prétexte de lutter contre les délinquants pédophiles. Elle interdisait explicitement la promotion ou l’évocation de l’homosexualité et de l’identité de genre auprès des mineurs, assimilant parfois ces sujets à des comportements à risque. En 2023, cette législation a été durcie pour justifier l’interdiction des marches des fiertés. En avril 2024, la Cour de justice de l’Union européenne (CJUE) a jugé cette loi contraire aux valeurs européennes, notamment parce qu’elle stigmatisait les personnes LGBT+ et établissait un lien fallacieux entre homosexualité et pédophilie. La CJUE a souligné que cette loi violait l’identité même de l’UE, composée d’États membres garantissant la liberté et l’égalité.

Modifications proposées

Le projet de loi en discussion supprime les dispositions jugées homophobes et transphobes de la législation de 2021, notamment celles interdisant l’évocation de l’homosexualité ou de l’identité de genre auprès des mineurs. À la place, le texte propose d’interdire les contenus pornographiques, l’exploitation sexuelle ou tout autre matériel susceptible de compromettre gravement le développement physique, intellectuel, émotionnel ou moral de l’enfant. Ces changements visent à aligner la Hongrie sur le droit européen, après la condamnation de la CJUE. Cependant, Tamas Dombos, militant de l’association Hatter Society, souligne que cette modification ne rétablit pas pleinement les droits LGBT+ en Hongrie, mais constitue une avancée symbolique importante.

Réactions et limites

Les militants des droits LGBT+, comme Tamas Dombos, saluent cette suppression comme une avancée positive, mais rappellent que des inégalités persistent. Par exemple, les personnes transgenres ne peuvent toujours pas obtenir une reconnaissance légale de leur identité après une transition, et les couples de même sexe n’ont pas le droit d’adopter. La Hongrie reste donc en retrait par rapport à d’autres pays européens sur ces questions. La marche des fiertés de 2025 à Pécs, autorisée par la police après l’arrêt de la CJUE, illustre cette évolution progressive. Cependant, le gouvernement hongrois n’a pas encore annoncé de mesures pour corriger les autres aspects discriminatoires de sa législation.

Ce que ça pourrait changer

Cette modification législative intervient dans un contexte où l’Union européenne (UE) exerce une pression croissante sur la Hongrie pour respecter les droits fondamentaux. En 2021, la Commission européenne avait déjà lancé une procédure d’infraction contre la Hongrie pour violation des valeurs européennes, notamment en matière de droits LGBT+. La CJUE a confirmé cette position en 2024, forçant Budapest à revoir sa copie. Cependant, le gouvernement hongrois, dirigé par Peter Magyar, présente ces changements comme une adaptation technique aux exigences de l’UE, sans reconnaître explicitement un revirement sur les droits LGBT+. Cette approche reflète les tensions persistantes entre la Hongrie et les institutions européennes sur les questions sociétales.

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