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Droit

RDC : « Les armes doivent se taire » pour que la paix devienne enfin possible

ONU : Droits humains · mis à jour 2 oct.

En République démocratique du Congo (RDC), la paix reste suspendue aux armes. Alors que les violences se poursuivent dans l’est du pays et que plus de six millions de personnes sont déplacées à l’intérieur du territoire, l’ONU appelle à placer les droits humains au cœur des efforts visant à mettre fin au conflit..

Crises multiples en RDC

La République démocratique du Congo (RDC) fait face à une combinaison de crises qui aggravent la souffrance de sa population. Entre janvier et septembre 2026, l’est du pays a enregistré environ 4 400 violations des droits humains, touchant 9 500 victimes dans les provinces du Nord-Kivu, du Sud-Kivu et de l’Ituri. Ces violations incluent des homicides illégaux, des restrictions des libertés et des atteintes au droit international humanitaire. La population subit également une épidémie d’Ebola, avec plus de 8 000 cas confirmés et 3 900 décès depuis le début de l’épidémie. Ces crises sont aggravées par des décennies de conflits armés et des déplacements massifs de populations, avec plus de 6,1 millions de personnes déplacées à l’intérieur du pays. La situation est qualifiée de « convergence douloureuse de crises » par Awa Dabo, Haut-Commissaire adjointe aux droits de l’homme de l’ONU.

Violences sexuelles alarmantes

Les violences sexuelles liées aux conflits en RDC restent un problème majeur. Entre juin 2025 et mai 2026, le Haut-Commissariat des Nations Unies aux droits de l’homme (HCDH) a recensé au moins 1 080 victimes, principalement des femmes et des enfants, soit près de trois victimes documentées chaque jour. Les chiffres réels sont probablement bien plus élevés, car de nombreux cas ne sont pas déclarés. Les groupes armés seraient responsables de 74 % de ces violences. Awa Dabo a souligné l’urgence d’agir, insistant sur la nécessité de protéger les survivants et de faire rendre des comptes aux responsables. Des progrès ont été réalisés en matière de justice, avec 161 condamnations de membres des forces armées congolaises et 30 de groupes armés, grâce à des missions d’enquête conjointes et des audiences foraines organisées avec l’appui du HCDH.

Conflits armés et acteurs clés

L’est de la RDC est marqué par des combats intenses entre le groupe armé M23, soutenu par l’armée rwandaise, et les forces armées congolaises, appuyées par des milices locales comme les Wazalendo. Ces affrontements se sont intensifiés depuis la mi-septembre 2026 dans les provinces du Nord-Kivu et du Sud-Kivu. James Swan, chef de la mission de paix de l’ONU en RDC (MONUSCO), a appelé à ne pas normaliser cette situation et à soutenir les efforts de paix, notamment le déploiement de missions de vérification du cessez-le-feu. Il a également insisté sur l’importance d’un dialogue intercongolais inclusif pour construire une paix durable. Le Rwanda est pointé du doigt par les autorités congolaises et l’ONU pour son implication dans le conflit, avec des accusations de violations massives des droits humains dans l’est de la RDC.

Restrictions de l’espace civique

La société civile en RDC, représentée notamment par l’ASADHO (Association africaine de défense des droits de l’homme), alerte sur la détérioration de l’espace civique, aussi bien dans les zones de conflit que dans le reste du pays. Dans les territoires occupés, les civils subissent des exactions, tandis que les journalistes et les défenseurs des droits humains sont harcelés. À Kinshasa, deux manifestations de l’opposition, organisées les 12 juin et 15 septembre 2026, ont été dispersées par les forces de l’ordre, entraînant des morts et des blessés. Jean Claude Katende, représentant de l’ASADHO, a appelé les États membres à renforcer leur soutien financier à la société civile et à protéger les défenseurs des droits humains, notamment en vue des prochaines élections.

Rôle des institutions et justice

Les institutions internationales et nationales jouent un rôle clé dans la recherche de solutions. Awa Dabo, Haut-Commissaire adjointe aux droits de l’homme de l’ONU, a appelé le Rwanda à retirer ses troupes de la RDC et à cesser son soutien au M23. Elle a également plaidé pour que les processus de paix, comme ceux menés à Doha et Washington, soient davantage ancrés dans le respect des droits humains. Des mesures de confiance, proposées par son bureau, visent à protéger les civils et à créer les conditions pour des engagements de paix concrets. De son côté, le ministre congolais des droits humains, Samuel Mbemba Kabuya Tanda, a accusé le Rwanda et le M23 de violations massives et a rejeté l’idée d’une politique gouvernementale de restriction des libertés publiques.

Ce que ça pourrait changer

L’épidémie d’*Ebola* en RDC aggrave la crise humanitaire. Plus de 8 000 cas confirmés et 3 900 décès ont été recensés, mais l’insécurité, les pénuries de financement et la méfiance envers les institutions compliquent les efforts de dépistage et de suivi des contacts. Entre janvier et septembre 2026, au moins 36 menaces de mort, attaques contre des personnels et établissements de santé, ainsi que des entraves aux opérations d’inhumation ont été documentées. Awa Dabo a souligné que la réponse à l’épidémie passe par la reconstruction de la confiance avec les communautés, dans la transparence et le respect des droits. La lutte contre l’épidémie est donc indissociable de la stabilisation globale du pays.

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