NapseflowNapseflow
Recherche

L’Andorre, le Vatican, Monaco et Saint-Marin : pourquoi ces micro-États si riches utilisent l’euro

The Conversation France · mis à jour il y a 17 j

L’ESSENTIEL L’Andorre, le Vatican, Monaco et Saint-Marin utilisent l’euro sans être formellement membres de la zone euro. L’euro des micro-États ne sert pas qu’aux collectionneurs.

Quatre micro-États européens

L’Andorre, Monaco, Saint-Marin et le Vatican sont quatre micro-États européens, c’est-à-dire des pays souverains de très petite taille. Par exemple, le Vatican, situé au cœur de Rome, est le plus petit État du monde avec moins de 900 habitants, tandis que l’Andorre, nichée entre la France et l’Espagne, compte environ 87 000 habitants. Ces États sont caractérisés par une superficie réduite et une économie souvent très spécialisée. Monaco, enclavé en France, affiche le PIB par habitant le plus élevé au monde, dépassant 257 000 €, grâce à des secteurs comme la finance, l’immobilier de luxe et le tourisme haut de gamme. L’Andorre et Saint-Marin, bien que moins peuplés, ont des économies diversifiées reposant sur le tourisme, l’industrie et des activités comme la philatélie (vente de timbres) ou la numismatique (vente de pièces). Ces micro-États ne battent pas leur propre monnaie mais utilisent l’euro, ce qui est un choix stratégique pour leur développement économique.

Accords monétaires avec l’UE

L’Union européenne (UE) a signé des accords monétaires avec ces quatre micro-États, leur permettant d’utiliser officiellement l’euro comme monnaie nationale, sans pour autant en être membres de la zone euro. Ces accords, entrés en vigueur entre 2010 et 2012, imposent à ces États de respecter une partie des règles financières de l’UE. En échange, ils bénéficient des avantages de l’euro, comme la stabilité monétaire et la facilité des échanges avec les pays voisins. Par exemple, Monaco, Saint-Marin et le Vatican sont intégrés de facto à l’espace Schengen grâce à leurs accords avec la France ou l’Italie, ce qui facilite la libre circulation des personnes. Andorre, en revanche, n’est pas membre de l’espace Schengen et maintient des contrôles frontaliers avec la France et l’Espagne. Ces micro-États ne disposent pas de leur propre institut d’émission monétaire mais utilisent les ateliers monétaires des États voisins pour frapper leurs pièces en euros.

Frappe et limites des pièces

Les pièces en euros de ces micro-États sont frappées dans des ateliers monétaires voisins. Par exemple, les pièces d’Andorre sont produites à Pessac (France) et Madrid (Espagne), tandis que celles de Monaco sont fabriquées à Pessac par la Monnaie de Paris. Les pièces de Saint-Marin et du Vatican sont frappées à Rome par l’Institut polygraphique et la Monnaie de l’État italien. Chaque micro-État a un plafond annuel strict pour l’émission de pièces. Pour Monaco, ce plafond est fixé à 1 pièce pour 1 500 émises par la France. Saint-Marin peut émettre des pièces d’une valeur nominale maximale de 1,994 million d’euros par an, et le Vatican 2,3 millions d’euros. Ces limites visent à préserver l’équilibre de la masse monétaire dans la zone euro. Le volume total des pièces émises par ces micro-États représente moins de 0,001 % de la valeur faciale totale en circulation dans la zone euro, ce qui n’a aucun impact sur l’inflation ou le bilan de la Banque centrale européenne.

Avantages économiques de l’euro

L’utilisation de l’euro offre plusieurs avantages économiques à ces micro-États. Elle facilite les échanges avec les pays voisins en supprimant les coûts de conversion monétaire et simplifie les transactions commerciales et touristiques. Par exemple, en 2024, 70 % des produits importés par l’Andorre provenaient de France et d’Espagne, qui représentaient également 65 % de ses exportations. L’euro renforce aussi la confiance des investisseurs, car ces micro-États appliquent les règles européennes en matière bancaire et financière. Ainsi, le total des dépôts et titres de la clientèle de Monaco s’élevait à 180 milliards d’euros fin 2025. De plus, l’euro permet à ces États de confirmer leur souveraineté, car leurs symboles nationaux figurent sur une monnaie utilisée dans toute la zone euro. Enfin, l’adoption de l’euro a servi de levier pour inciter ces micro-États à se conformer aux standards internationaux et à renforcer la coopération contre l’évasion fiscale.

Intérêt numismatique et fiscal

Les pièces en euros émises par ces micro-États sont très prisées des collectionneurs en raison de leur rareté, car leurs volumes d’émission sont strictement limités. Par exemple, une pièce de monnaie en or d’une valeur faciale de 200 €, émise par le Vatican en 2025, est proposée à 5 470 € en qualité Belle Épreuve. La division spécialisée de Poste San Marino a généré en 2025 un chiffre d’affaires de 11,2 millions d’euros et un bénéfice net de 1,36 million d’euros grâce à la vente de timbres et pièces. Du côté de l’UE, l’adoption de l’euro par ces micro-États a permis de réduire progressivement le secret bancaire dans ces pays. Les banques d’Andorre, Monaco et Saint-Marin sont désormais tenues de transmettre des informations sur les comptes de leurs clients étrangers aux autorités fiscales concernées. Cela s’inscrit dans le cadre des efforts de l’UE pour lutter contre l’évasion fiscale et le blanchiment d’argent, notamment via les recommandations du Groupe d’action financière (GAFI).

Ce que ça pourrait changer

L’UE utilise l’euro comme un outil de pression pour s’assurer que ces micro-États respectent les règles financières européennes. Par exemple, en 2010, la Banque d’Italie a bloqué 23 millions d’euros liés à la Banque du Vatican en raison de transferts jugés suspects. En 2013, elle a également suspendu les paiements par carte au Vatican pendant plusieurs semaines, ce qui a conduit le Saint-Siège à accepter davantage de contrôles et à renforcer la transparence de sa banque. Plusieurs milliers de comptes suspects ont ensuite été fermés. L’Andorre illustre également ce mécanisme : bien qu’elle utilisait déjà l’euro depuis 2002, l’UE a refusé pendant près de dix ans de signer un accord monétaire officiel, exigeant la réduction du secret bancaire et l’échange automatique d’informations fiscales. L’accord n’a été signé qu’en 2011, et les premières pièces en euro d’Andorre ont été mises en circulation en 2014. Ces exemples montrent comment l’euro peut servir de levier pour imposer des réformes financières dans les micro-États.

Sujets complémentaires

Ce contenu a été généré par intelligence artificielle à partir de l'article source. Il peut contenir des erreurs ou imprécisions.