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La ministre française de la Transition écologique annonce sa démission, puis y renonce

ICI Radio-Canada · mis à jour il y a 15 j

Le président Emmanuel Macron a refusé sa démission..

Démission surprise

Mercredi, Monique Barbut, ministre française de la Transition écologique, a annoncé sa démission sur les réseaux sociaux. Cette décision fait suite à l'adoption définitive par le Parlement d'une mesure controversée sur les pesticides, à laquelle elle s'opposait fermement. Monique Barbut, ancienne secrétaire exécutive de la Convention des Nations unies sur la lutte contre la désertification et présidente de l'ONG environnementale WWF France, a critiqué le gouvernement pour avoir empêché le débat autour de la suppression de cette mesure. Elle a qualifié ce revirement de recul environnemental de trop, soulignant que le gouvernement n'avait pas tenu ses engagements initiaux. La mesure en question concerne la réintroduction, à titre dérogatoire, de certains pesticides autorisés dans l'Union européenne mais interdits en France, comme l'acétamipride et le flupyradifurone, pour des filières spécifiques comme celles des noisettes et de la betterave.

Revirement présidentiel

Quelques heures après son annonce de démission, Monique Barbut a finalement décidé de rester à son poste, à la demande du président Emmanuel Macron. La porte-parole du gouvernement, Maud Bregeon, a expliqué que la ministre avait changé d'avis car elle estimait que son action serait plus importante et plus impactante en restant à son poste. Emmanuel Macron a refusé sa démission, insistant sur l'importance de son engagement sur trois piliers fondamentaux : les forêts, l'eau et la santé environnementale. Ces trois chantiers sont considérés comme déterminants par le président, le Premier ministre et Monique Barbut. Cette décision illustre les tensions au sein du gouvernement entre les priorités économiques, notamment agricoles, et les enjeux environnementaux.

Pesticides et principe de précaution

La mesure controversée adoptée par le Parlement autorise l'Agence de sécurité sanitaire (Anses) à réintroduire temporairement deux pesticides, l'acétamipride et le flupyradifurone, pour des filières en difficulté. Ces substances étaient interdites en France depuis 2016 en raison du principe de précaution, une approche qui consiste à limiter ou interdire une substance ou une activité lorsque les risques pour la santé ou l'environnement ne sont pas clairement établis. Monique Barbut a rappelé que les études scientifiques disponibles en 2026 ne dissipaient pas les doutes sur les effets de ces pesticides pour la santé humaine et l'environnement. Elle a insisté sur le fait que le principe de précaution reste plus que jamais pertinent, malgré les pressions économiques pour leur réintroduction.

Parcours de Monique Barbut

Monique Barbut, ministre de la Transition écologique depuis octobre 2025, a un parcours marqué par son engagement environnemental. Avant de devenir ministre, elle a été secrétaire exécutive de la Convention des Nations unies sur la lutte contre la désertification, une organisation internationale qui lutte contre la dégradation des terres et la désertification. Elle a également présidé l'ONG environnementale WWF France, l'une des plus influentes au monde dans le domaine de la protection de la nature. Son expérience et ses convictions écologistes expliquent son opposition farouche à la réintroduction des pesticides. En janvier 2026, elle avait déjà menacé de démissionner avant d'obtenir gain de cause sur un autre dossier controversé, celui de la réintroduction de projets de recherche d'hydrocarbures dans certains territoires ultramarins.

Ce que ça pourrait changer

Cette crise ministérielle survient dans un contexte politique tendu en France, où les questions environnementales sont souvent perçues comme un frein à la compétitivité économique, notamment dans le secteur agricole. Le projet de loi d'urgence agricole, adopté mardi, reflète cette tension entre impératifs économiques et protection de l'environnement. Les députés, comme le gouvernement, ont soutenu cette mesure, malgré les réserves de Monique Barbut et des associations environnementales. Le débat au Sénat, où Monique Barbut a été photographiée en train de grimacer en écoutant un sénateur s'exprimer sur la question de l'eau, illustre les divisions au sein des institutions. Cette situation met en lumière les défis auxquels font face les responsables politiques lorsqu'ils doivent concilier croissance économique et préservation de l'environnement.

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