Une sonde de la NASA approche les limites du système solaire mais ses instruments pourraient être mis hors service faute de financement
La NASA prévoit d'éteindre en octobre deux détecteurs de particules de New Horizons, faute de 2 millions de dollars par an. La sonde approche pourtant une frontière spatiale que seule elle peut étudier..
La sonde spatiale Voyager 2, lancée par la NASA en 1977, approche désormais les limites externes du système solaire, une région appelée héliopause. Cette zone marque la frontière où le vent solaire, un flux de particules émises par le Soleil, cesse d’être dominant pour laisser place au milieu interstellaire, l’espace entre les étoiles. Voyager 2 est l’un des rares objets fabriqués par l’homme à atteindre cette zone, à environ 20 milliards de kilomètres de la Terre. Après près de 50 ans de service, ses instruments scientifiques, conçus pour étudier les planètes, le vent solaire et les rayons cosmiques, pourraient être désactivés faute de financement suffisant. La NASA doit décider d’ici quelques mois si elle maintient le budget nécessaire à leur fonctionnement, estimé à plusieurs millions de dollars par an.
Depuis son lancement, Voyager 2 a fourni des données révolutionnaires sur les planètes géantes du système solaire : Jupiter, Saturne, Uranus et Neptune. Elle a notamment découvert 16 lunes inconnues, étudié les anneaux de Saturne et mesuré les champs magnétiques de ces planètes. En 2018, elle a franchi l’héliopause, devenant le deuxième objet humain à entrer dans l’espace interstellaire après sa jumelle Voyager 1. Ces missions ont permis de mieux comprendre la structure du système solaire et son interaction avec le milieu interstellaire. Cependant, ses instruments, vieillissants, nécessitent une maintenance coûteuse pour continuer à fonctionner.
Le budget de la NASA est soumis à des arbitrages serrés, et les missions comme celle de Voyager 2 doivent rivaliser avec des projets plus récents ou prioritaires. En 2026, l’agence spatiale américaine doit trancher : soit elle alloue les fonds nécessaires pour prolonger la mission jusqu’en 2027 ou au-delà, soit elle réduit les coûts en éteignant progressivement les instruments. Une décision qui pourrait mettre fin à près de 50 ans de collecte de données scientifiques. Les responsables de la mission estiment que Voyager 2 pourrait encore fonctionner jusqu’aux années 2030, mais cela dépendra des choix budgétaires de la NASA et du Congrès américain.
La désactivation des instruments de Voyager 2 ne signifierait pas la fin de la mission, mais limiterait fortement son utilité scientifique. La sonde continuerait de voyager dans l’espace interstellaire, transmettant des données sur son environnement, mais avec des capacités réduites. Certaines voix plaident pour un financement ciblé, permettant de maintenir au moins un instrument en activité. D’autres suggèrent de réaffecter les fonds à des missions plus récentes, comme New Horizons, une sonde explorant les confins du système solaire. Cependant, aucune décision officielle n’a encore été prise, et le sort de Voyager 2 reste incertain.
Les sondes *Voyager*, lancées en 1977, font partie des missions les plus emblématiques de la NASA. Leur objectif initial était d’étudier les planètes extérieures du système solaire, une tâche accomplie avec succès. Après avoir rempli leur mission principale, elles ont continué leur voyage vers l’espace interstellaire, devenant des ambassadrices de l’humanité. Chacune transporte un *disque d’or*, un disque phonographique contenant des sons et images représentant la Terre, destiné à d’éventuels extraterrestres. Ces missions illustrent l’ingéniosité humaine et la capacité à repousser les limites de l’exploration spatiale.

