À Aix-en-Provence, le procès d’un triple assassinat
Un triple assassinat s'est déroulé fin 2020, en pleine guerre de territoires de la drogue à Marseille. Ce lundi s'ouvre le procès sous haute surveillance, un véritable défi sécuritaire pour la justice.
En décembre 2020, à Marseille, trois personnes ont été assassinées dans un contexte de guerre des territoires liée au trafic de drogue. Cette violence s’inscrit dans une lutte pour le contrôle des points de deal (lieux de vente de stupéfiants) dans la ville. Parmi les victimes figure Brahim Kessaci, frère d’Amine Kessaci, militant connu pour son combat contre le narcotrafic. Ce dernier est aujourd’hui adjoint au maire de Marseille. L’affaire a marqué les esprits en raison de sa brutalité, notamment dans une ville déjà fragilisée par les violences liées aux trafics. Les trois corps ont été découverts peu après les faits, mais l’enquête a pris plusieurs années avant d’aboutir à un procès.
Ce lundi 19 octobre 2026, s’ouvre à Aix-en-Provence le procès de ce triple assassinat devant les assises des Bouches-du-Rhône. Cinq hommes sont accusés d’avoir tué Brahim Kessaci et les deux autres victimes. Le procès, qui doit durer trois semaines, se déroule sous haute surveillance en raison de l’enjeu sécuritaire. En effet, l’affaire touche à la fois au crime organisé et à une figure locale engagée contre les trafics, ce qui pourrait susciter des tensions. Amine Kessaci, frère de la victime et adjoint au maire, assistera aux audiences en tant que partie civile, c’est-à-dire qu’il participera au procès pour défendre les intérêts de sa famille et obtenir justice.
Marseille est depuis des années un territoire disputé entre différents réseaux criminels impliqués dans le trafic de drogue, notamment la cocaïne. Ces groupes se livrent des guerres de territoires pour contrôler les zones de vente, souvent dans les quartiers nord de la ville. Ces conflits entraînent régulièrement des règlements de comptes violents, avec des fusillades et des assassinats ciblés. Le cas de Brahim Kessaci illustre cette violence : son frère, Amine Kessaci, est une figure médiatique pour son opposition aux trafics, ce qui en fait une cible potentielle pour les réseaux criminels. La justice tente de démanteler ces organisations, mais leur emprise reste forte dans certaines zones.
Dans un procès, les parties civiles sont les personnes ou groupes directement victimes d’une infraction ou leurs représentants légaux. Ici, Amine Kessaci, en tant que frère de Brahim Kessaci, est une partie civile. Son rôle est de demander réparation pour le préjudice subi par sa famille, mais aussi de s’assurer que les accusés soient jugés équitablement. Les parties civiles peuvent poser des questions aux témoins, présenter des preuves et plaider pour une peine adaptée. Dans cette affaire, Amine Kessaci sera présent aux côtés des avocats pour représenter sa famille et faire entendre la voix des victimes, tout en suivant de près le déroulement du procès.
Ce procès présente des défis majeurs en matière de sécurité. Les autorités craignent des réactions violentes, que ce soit de la part des accusés, de leurs soutiens ou de groupes criminels liés à l’affaire. Pour éviter tout incident, des mesures exceptionnelles ont été mises en place : renforcement des effectifs policiers, contrôle strict des accès à la salle d’audience et surveillance des abords du tribunal. Ces précautions visent à garantir la sérénité des débats et la sécurité des participants, y compris des magistrats et des avocats. Ce niveau de protection reflète l’importance symbolique et médiatique de l’affaire, qui dépasse le cadre judiciaire classique.

