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Géopolitique

Pendant ce temps-là en Italie : avec cette France “enchanteresse”, la hache de guerre est enterrée

Courrier International · mis à jour il y a 23 j

Cette fois, ce devait être la bonne : après deux échecs, en 2018 et en 2022, les Azzurri allaient se qualifier pour la Coupe du monde 2026. Rien n’y a fait, la sélection a encore été éliminée.

La domination italienne

Dans les années 1990, l'Italie était considérée comme la superpuissance du football mondial. La Serie A, son championnat national, était alors perçu comme le meilleur au monde, devant des ligues comme la Premier League anglaise ou la Liga espagnole. Cette domination se reflétait dans les performances de l'équipe nationale italienne, surnommée la Nazionale, qui arborait fièrement trois étoiles sur son maillot, symbolisant ses trois victoires en Coupe du monde (1934, 1938 et 1982). À cette époque, la France était vue comme un pays de second rang en football, souvent relégué à un rôle de figurant. Les clubs italiens, comme la Juventus ou le Milan AC, recrutaient régulièrement des joueurs français, tandis que l'équipe de France, malgré quelques talents individuels, peinait à se qualifier pour les grands tournois internationaux. Cette supériorité italienne était largement acceptée, tant sur le terrain que dans les médias transalpins.

L'éveil français

Tout bascule avec la Coupe du monde 1998 organisée en France. L'équipe de France, dirigée par Aimé Jacquet et composée de joueurs comme Zinédine Zidane ou Thierry Henry, remporte le titre mondial en battant le Brésil en finale. Cette victoire marque un tournant dans l'histoire du football français, qui passe du statut de nation mineure à celui de puissance majeure. Deux ans plus tard, lors de l'Euro 2000, la France confirme sa nouvelle domination en s'imposant en finale face à l'Italie, après un but en or de David Trezeguet. Ces succès français s'accompagnent d'un changement de perception en Italie, où l'ancien régime footballistique est perçu comme définitivement tombé. Même la victoire italienne en Coupe du monde 2006, sous la direction de Marcello Lippi, est considérée comme une brève restauration avant que la révolution française ne s'impose durablement.

Rivalité et tensions politiques

Au-delà du football, les relations entre la France et l'Italie ont souvent été marquées par des tensions politiques et diplomatiques. Historiquement, les deux pays ont eu des divergences sur des sujets comme la gestion de l'Union européenne, les migrations ou les politiques économiques. En Italie, cette rivalité s'est particulièrement cristallisée autour de la question footballistique, où la France est devenue un symbole de l'ascension d'une nation autrefois perçue comme inférieure. Depuis plusieurs années, la règle implicite en Italie est de ne jamais soutenir l'équipe de France, même lors de compétitions internationales. Cette hostilité, bien que symbolique, illustre une forme de résistance culturelle et identitaire face à un pays qui a réussi à détrôner l'Italie dans un domaine où elle se croyait intouchable.

Ce que ça pourrait changer

Le déclin footballistique italien s'est accompagné d'une remise en question plus large de son modèle économique et politique. Dans les années 1990, l'Italie était une puissance industrielle majeure en Europe, mais elle a depuis été dépassée par des pays comme l'Allemagne ou la France en termes de croissance et d'innovation. Sur le plan sportif, l'équipe nationale italienne a connu des périodes de résultats décevants, notamment lors des Coupes du monde 2010 et 2014, où elle a été éliminée dès le premier tour. Cette situation a renforcé un sentiment de frustration en Italie, où le football était autrefois un domaine de fierté nationale. Aujourd'hui, l'Italie reste un pays passionné de football, mais elle doit composer avec une nouvelle réalité où la France, autrefois perçue comme un rival secondaire, est devenue une référence incontournable.

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