L’Iran intensifie ses attaques deux semaines après la reprise des hostilités
Les rebelles houthis du Yémen, alliés de l'Iran, ont aussi annoncé un blocus contre les ports saoudiens..
Deux semaines après la reprise des hostilités entre l'Iran et les États-Unis, déclenchée le 28 février par une offensive israélo-américaine sur l'Iran, Téhéran qualifie désormais le conflit de guerre totale. Les attaques se multiplient dans plusieurs régions du Moyen-Orient, avec une escalade notable en mer Rouge et dans le golfe Persique. L'Iran vise des alliés des États-Unis, comme l'Arabie saoudite et Bahreïn, où se trouve la Cinquième flotte américaine, une base militaire stratégique. Depuis le 7 juillet, date de la reprise des combats, les bombardements ont atteint un niveau sans précédent, rompant le cessez-le-feu conclu en avril et le protocole d'accord de mi-juin visant à mettre fin à la guerre. Le président iranien affirme que son pays fait face à une guerre totale menée par les États-Unis.
Les rebelles houthis, alliés de l'Iran et soutenus par Téhéran, ont annoncé lundi un blocus maritime contre l'Arabie saoudite, allié des États-Unis dans la région. Ce blocus vise à entraver le trafic des navires à destination et en provenance des ports saoudiens en mer Rouge, une zone stratégique pour l'économie saoudienne. Les Houthis justifient cette mesure par le principe « œil pour œil », en réponse aux attaques contre leurs positions. Cette opération pourrait perturber la circulation dans le détroit de Bab el-Mandeb, une voie maritime essentielle pour les navires reliant l'océan Indien à la mer Rouge et au canal de Suez. Selon Andreas Krieg, expert en sécurité au King's College de Londres, une crise simultanée à Ormuz et à Bab el-Mandeb produirait un choc bien plus important que chacun des blocus pris isolément.
L'Iran a renforcé son contrôle sur le détroit d'Ormuz, une voie maritime cruciale où transite environ 20 % du pétrole mondial. Ces derniers jours, Téhéran a ciblé plusieurs navires dans cette zone, provoquant une hausse des cours du pétrole. Le baril de Brent, référence mondiale, a atteint 88,18 $ le mardi, soit un plus haut depuis plus d'un mois, avant de légèrement redescendre. Le détroit d'Ormuz est un point de passage obligatoire pour les navires pétroliers quittant ou rejoignant le golfe Persique. En verrouillant cette zone, l'Iran cherche à exercer une pression économique sur ses adversaires, notamment les États-Unis et leurs alliés, tout en perturbant les approvisionnements énergétiques mondiaux.
En réponse aux frappes américaines, l'Iran a intensifié ses attaques contre des alliés des États-Unis dans la région. Ces dernières 24 heures, des drones et missiles iraniens ont visé la Jordanie, Bahreïn et le Koweït. Les Gardiens de la révolution, une force paramilitaire iranienne, ont affirmé avoir détruit deux systèmes de défense antiaériens et une installation radar sur deux avant-postes américains à Bahreïn, ainsi que des dispositifs de missiles défensifs et des systèmes de réception radar et satellite au Koweït. L'Iran a également été accusé d'avoir attaqué des centrales électriques et des sites de dessalement d'eau au Koweït. Les Gardiens de la révolution ont prévenu que l'ennemi devait se préparer à des vagues de drones et des attaques de missiles encore plus puissantes.
Le conflit a déjà fait de nombreuses victimes. Selon le dernier bilan officiel iranien publié vendredi, au moins 50 personnes sont mortes et plus de 500 ont été blessées depuis la reprise des combats le 7 juillet. Aux États-Unis, trois militaires américains sont morts en Jordanie et en Irak ces derniers jours. Donald Trump a averti sur son réseau Truth Social que l'Iran paierait « plusieurs fois » le prix de chaque soldat américain tué. Les tensions s'étendent au-delà des zones de combat initiales, avec des frappes atteignant des régions comme Chiraz ou la province du Fars, à près de 200 km du golfe Persique. Aucune avancée diplomatique concrète n'est signalée pour l'instant, malgré une visite du ministre de l'Intérieur iranien à Islamabad pour des discussions avec les autorités pakistanaises.
Le conflit s'inscrit dans un contexte géopolitique complexe au Moyen-Orient. L'Iran, dirigé par l'ayatollah Ali Khamenei, est engagé dans une confrontation directe avec les États-Unis et Israël, soutenus par plusieurs pays de la région comme l'Arabie saoudite. Le Pakistan joue un rôle de médiateur dans le conflit, comme en témoigne la visite du ministre de l'Intérieur iranien à Islamabad. Israël, bien qu'allié des États-Unis, n'a pas participé aux frappes récentes. Sur le front libanais, une accalmie persiste depuis la mi-juin, et le président libanais Joseph Aoun doit être reçu par Donald Trump à Washington. Les tensions actuelles menacent de s'étendre, avec des risques de perturbation majeurs pour le commerce mondial et les approvisionnements énergétiques.

