Les nuits d'Avignon - Dossier Erich von Stroheim : A l'occasion d'une rétrospective des films d'Erich von Stroheim en Avignon, organisée par Danièle Huillet et Jean-Marie Straub (1
En juillet 1987, la ville d'Avignon a accueilli une rétrospective dédiée aux films d'**Erich von Stroheim** (1885-1957), réalisateur et acteur autrichien emblématique du cinéma muet et des débuts du parlant. Cet événement culturel a été organisé par deux cinéastes majeurs du XXe siècle, **Danièle Huillet** (1936-2006) et **Jean-Marie Straub** (né en 1933), connus pour leur approche exigeante et politique du cinéma. Leur collaboration visait à mettre en lumière l'œuvre d'un réalisateur souvent considéré comme un pionnier du réalisme cru et de la critique sociale dans le cinéma. Cette rétrospective s'inscrivait dans le cadre des *Nuits d'Avignon*, un festival culturel annuel dédié aux arts et aux idées.
En juillet 1987, la ville d'Avignon a accueilli une rétrospective dédiée aux films d'Erich von Stroheim (1885-1957), réalisateur et acteur autrichien emblématique du cinéma muet et des débuts du parlant. Cet événement culturel a été organisé par deux cinéastes majeurs du XXe siècle, Danièle Huillet (1936-2006) et Jean-Marie Straub (né en 1933), connus pour leur approche exigeante et politique du cinéma. Leur collaboration visait à mettre en lumière l'œuvre d'un réalisateur souvent considéré comme un pionnier du réalisme cru et de la critique sociale dans le cinéma. Cette rétrospective s'inscrivait dans le cadre des Nuits d'Avignon, un festival culturel annuel dédié aux arts et aux idées.
Le 21 juillet 1987, l'émission Les Nuits d'Avignon sur France Culture a diffusé un dossier spécial consacré à cette rétrospective. Intitulé Dossier Erich von Stroheim, ce programme de 42 minutes a été produit par Albane Penaranda et réalisé par Rafik Zénine, Vincent Abouchar et Emily Vallat, avec la collaboration de l'INA (Institut National de l'Audiovisuel). L'émission a réuni plusieurs intervenants, dont Colette Fellous (productrice et animatrice), Danièle Huillet, Jean-Marie Straub et Michel Ciment (critique de cinéma), pour discuter de l'héritage de Stroheim et de son influence sur le cinéma moderne.
Erich von Stroheim, surnommé l'homme que vous aimiez haïr, a marqué l'histoire du cinéma par des films comme Folies de femmes (1922), La Symphonie nuptiale (1928) ou Les Rapaces (1924), souvent censurés à leur époque pour leur violence ou leur critique acerbe de la bourgeoisie. Son style, caractérisé par un réalisme brutal et une attention aux détails, a influencé des générations de cinéastes. Danièle Huillet et Jean-Marie Straub, eux-mêmes cinéastes engagés, ont vu en Stroheim un précurseur du cinéma comme outil de réflexion politique et sociale. Leur rétrospective à Avignon s'inscrivait dans une volonté de réhabiliter des œuvres méconnues ou marginalisées.
Parmi les intervenants de l'émission, Michel Ciment a apporté son expertise en tant que critique de cinéma, analysant l'impact de Stroheim sur le langage cinématographique. Danièle Huillet et Jean-Marie Straub, réalisateurs de films comme Chronique des années de braise (Palme d'or en 1975), ont partagé leur vision de Stroheim en tant que cinéaste subversif. Leur approche, à la fois théorique et pratique, a permis de replacer son œuvre dans une perspective historique et esthétique. Colette Fellous, quant à elle, a animé les débats en interrogeant les invités sur les thèmes récurrents de Stroheim : la corruption, la décadence et la condition humaine.
Cette rétrospective et l'émission qui l'a accompagnée ont souligné l'importance d'Erich von Stroheim dans l'histoire du cinéma. Son œuvre, souvent qualifiée de *cinéma de la cruauté*, a ouvert la voie à des réalisateurs comme Luis Buñuel ou Rainer Werner Fassbinder. Danièle Huillet et Jean-Marie Straub, par leur engagement à défendre des films exigeants, ont contribué à perpétuer sa mémoire. Leur travail, comme celui de Stroheim, interroge les limites de la représentation et la puissance du cinéma comme miroir de la société. Cette émission de 1987 reste un témoignage de la vitalité des débats culturels en France à cette époque.

