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Le piratage de frigos dans des épiceries en France nous rappelle notre vulnérabilité

Le Devoir · mis à jour il y a 1 j

Les commerçants ont été contraints de jeter des milliers de produits alimentaires..

Attaque des frigos connectés

Dans la nuit du dimanche 12 au lundi 13 octobre 2026, des cyberpirates ont pris le contrôle à distance de la température des réfrigérateurs connectés de plusieurs centaines d’épiceries françaises. Les enseignes concernées incluent Intermarché/Netto, Carrefour, E.Leclerc et Monoprix. Les assaillants ont exploité des failles de sécurité pour modifier les réglages des équipements, provoquant des surchauffes, des départs de feu et la perte de milliers de produits alimentaires. Selon les premières estimations, des milliers de produits ont dû être jetés. Cette attaque inédite illustre les risques liés à l’Internet des objets (IoT, pour Internet of Things), qui désigne des appareils du quotidien connectés à Internet comme des réfrigérateurs, des thermostats ou des caméras.

Faiblesses des systèmes

L’expert Sébastien Gambs, professeur en informatique à l’Université du Québec à Montréal, explique que cette attaque a réussi en raison de failles de sécurité majeures dans les équipements connectés. Les réfrigérateurs piratés étaient accessibles à distance sans authentification, c’est-à-dire sans besoin de mot de passe ou de vérification d’identité. De plus, le fabricant danois Danfoss, dont les appareils étaient utilisés, n’avait pas appliqué les bonnes pratiques de sécurité, comme des mises à jour régulières ou des protections adaptées. Certains équipements étaient trop anciens pour être mis à jour, ce qui les rendait vulnérables. Les épiciers concernés ont été conseillés de déconnecter temporairement ces réfrigérateurs d’Internet pour limiter les risques.

Risques pour le Canada

Sébastien Gambs souligne que cette attaque pourrait se produire au Canada et au Québec, où au moins deux supermarchés utilisent des systèmes similaires. Il précise que d’autres entreprises américaines fabriquent des équipements comparables et pourraient aussi être ciblées. L’expert met en garde contre la vulnérabilité des infrastructures critiques, c’est-à-dire les systèmes essentiels au fonctionnement d’une société, comme les réseaux électriques, les hôpitaux ou, dans ce cas, les chaînes d’approvisionnement alimentaire. Une attaque coordonnée pourrait, par exemple, créer des pénuries ou semer la panique en perturbant les stocks de nourriture.

Solutions de sécurité

Pour éviter de telles attaques, Sébastien Gambs recommande d’adopter des mesures de sécurité classiques, comme l’utilisation de mots de passe robustes ou d’une authentification double (par exemple, un code envoyé par SMS en plus du mot de passe). Il souligne que les fabricants d’objets connectés privilégient souvent les coûts bas au détriment de la sécurité, ce qui expose les utilisateurs à des risques. Pour les particuliers, il suggère de se demander si les fonctionnalités connectées d’un appareil sont vraiment indispensables. Par exemple, un réfrigérateur classique pourrait être plus sûr qu’un modèle connecté, moins exposé aux piratages. Il évoque aussi le cas des caméras intelligentes, qui ont déjà été piratées par le passé, pour illustrer les dangers des objets connectés mal sécurisés.

Ce que ça pourrait changer

Cette attaque rappelle que les objets connectés du quotidien, comme les thermostats ou les réfrigérateurs intelligents, ne sont pas à l’abri des cybermenaces. Bien que l’impact d’une attaque ciblant un seul domicile soit généralement limité, les risques existent et pourraient s’aggraver avec l’augmentation du nombre d’appareils connectés. Sébastien Gambs insiste sur la nécessité de repenser la conception de ces équipements pour intégrer des protections dès leur fabrication. Il appelle aussi à une prise de conscience collective sur l’importance de la sécurité informatique, y compris pour les infrastructures moins visibles mais essentielles, comme les supermarchés.

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