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Philosophie

N’attendez pas trop de la fin du monde – sur Digger d’Alejandro González Iñárritu

AOC Media · mis à jour 30 sept.

Projet étrange et protéiforme, le nouveau film d’Alejandro González Iñárritu se fait à la fois satire politique et fable écologique, c’est aussi la tentative d’une star de cinéma de se défaire de l’image qu’elle a donnée d’elle-même depuis de nombreuses années. Le pari est grand, peut-être trop grand, et met le cinéma hollywoodien d’aujourd’hui au défi.

Film protéiforme d'Iñárritu

Le film Digger, réalisé par Alejandro González Iñárritu, est présenté comme un projet protéiforme, c'est-à-dire qu'il combine plusieurs genres et intentions artistiques en un seul œuvre. D'une part, il se présente comme une satire politique, un genre cinématographique qui critique, souvent de manière exagérée ou ironique, les pouvoirs en place, les institutions ou les comportements sociaux. D'autre part, il adopte la forme d'une fable écologique, un récit allégorique dont le but est de transmettre un message sur la relation entre l'homme et la nature, en utilisant des personnages et des situations symboliques. Enfin, le film semble aussi être une tentative pour l'acteur principal de se détacher d'une image qu'il a incarnée pendant des années, suggérant une réflexion sur la construction des rôles au cinéma. Ce mélange ambitieux place Digger au cœur des défis du cinéma hollywoodien contemporain, où les attentes du public et les conventions narratives sont constamment remises en question.

Digger Rockwell, magnat du pétrole

Le personnage central du film, Digger Rockwell, est un magnat du pétrole, c'est-à-dire un industriel extrêmement riche et puissant, dont la fortune repose sur l'exploitation des ressources pétrolières. Ce secteur économique, qui consiste à extraire, raffiner et commercialiser le pétrole, est au cœur de nombreux débats écologiques en raison de son impact environnemental, notamment les émissions de gaz à effet de serre et les risques de catastrophes comme les marées noires. Dans Digger, le personnage incarne une figure de l'héritier, c'est-à-dire qu'il a repris l'entreprise familiale fondée par ses ancêtres, perpétuant ainsi une tradition industrielle. Son nom, Digger (qui signifie 'creuseur' en anglais), renforce cette idée de destruction systématique, tant des ressources naturelles que des équilibres sociaux et politiques. Le film explore ainsi les conséquences de ses actions sur un monde déjà fragilisé.

Catastrophe écologique et politique

Le film relate une catastrophe écologique d'une ampleur sans précédent, déclenchée par les activités de Digger Rockwell. Une catastrophe écologique désigne un événement brutal et souvent irréversible qui perturbe gravement les écosystèmes, comme une pollution massive, une extinction d'espèces ou un effondrement climatique. Dans Digger, cette catastrophe est aggravée par un gouvernement corrompu et dictatorial, c'est-à-dire un régime politique autoritaire où les dirigeants utilisent leur pouvoir pour s'enrichir ou servir des intérêts privés au détriment du bien commun. Ce gouvernement, plutôt que de protéger la population, contribue à l'aggravation de la crise en prenant des décisions inefficaces ou malveillantes. Le récit est présenté de manière fragmentée, avec des ellipses, c'est-à-dire des omissions volontaires de certains événements pour créer un effet de surprise ou de suspense, et il est raconté au second degré, ce qui signifie qu'il faut interpréter les actions et les dialogues comme une critique ou une satire plutôt que comme une description réaliste.

Allégorie politico-écologique

Le film Digger est décrit comme une allégorie, un récit où les personnages, les objets et les événements représentent des idées abstraites ou des concepts, souvent moraux ou politiques. Dans ce cas précis, il s'agit d'une allégorie politico-écologique, c'est-à-dire que le film utilise ces éléments pour critiquer à la fois les systèmes politiques et les comportements humains envers l'environnement. Les personnages ne sont pas des individus réalistes, mais des figures caricaturales, c'est-à-dire des représentations exagérées de traits de caractère ou de rôles sociaux, destinées à illustrer une idée ou une critique. Par exemple, Digger Rockwell n'est pas un homme ordinaire, mais une incarnation de la puissance industrielle et de son mépris pour la nature. Les événements, quant à eux, sont trop énormes pour qu'on puisse y croire, ce qui souligne leur caractère symbolique plutôt que réaliste. Le film invite ainsi le spectateur à chercher un sens caché derrière les actions des personnages et les intrigues.

Ce que ça pourrait changer

La structure narrative de *Digger* est qualifiée de *trop grosse, trop grisaille, trop équilibrée*, ce qui suggère qu'elle cherche à impressionner ou à surprendre le spectateur par son ambition, mais qu'elle peut aussi paraître artificielle ou prétentieuse. La *réussite de la scène* initiale, par exemple, est décrite comme *lente* et *grise*, ce qui peut évoquer une atmosphère pesante ou une volonté de réalisme qui cache en réalité un *vice caché*, c'est-à-dire un défaut ou une faille dans la construction du film. Le réalisateur joue avec le temps réel, donnant l'impression que l'histoire se déroule en *temps réel*, mais cette impression est rapidement démentie par la suite. Le film utilise également un *retournement* inattendu, un élément de l'intrigue qui surprend le spectateur en changeant radicalement la perception de l'histoire. Enfin, il est mentionné que *Digger* se révèle être un *métafilm*, c'est-à-dire un film qui réfléchit sur lui-même, son propre langage ou son rôle dans la société, en intégrant des réflexions sur le cinéma, la célébrité ou la représentation.

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