NapseflowNapseflow
Sciences

En 1879, un botaniste a enterré des graines dans 20 bouteilles — plus de 140 ans après

Science & Vie · mis à jour il y a 2 h

Des graines enterrées en 1879 ont germé après 141 ans passés sous terre. L'ADN des plants a identifié un hybride de molène qui n'aurait jamais dû se trouver dans la bouteille.

Expérience historique de Beal

En 1879, le botaniste américain William James Beal enterre 20 bouteilles contenant chacune 1 150 graines de 23 espèces de mauvaises herbes, dont des molènes. Ces bouteilles, enterrées sur le campus de la Michigan State University avec leur goulot tourné vers le bas pour éviter l’infiltration d’eau, visent à étudier la durée de survie des graines dans le sol. L’expérience, initialement prévue pour être menée tous les cinq ans, voit ses intervalles s’allonger à dix ans en 1920, puis à vingt ans en 1980. Les bouteilles sont conservées dans un lieu tenu secret pour éviter toute perturbation.

Germination après 141 ans

En avril 2021, une équipe de quatre botanistes de la Michigan State University exhume une bouteille enterrée en 1879. Après 141 ans sous terre, certaines graines germent encore, établissant un record de longévité pour cette expérience. Les graines sont semées en serre et donnent naissance à une vingtaine de jeunes plants. Parmi eux, un hybride inattendu de molène est identifié, combinant des caractéristiques de la molène blattaire (Verbascum blattaria) et de la molène commune (Verbascum thapsus). Cette découverte suggère une erreur d’étiquetage ou de récolte en 1879, car Beal n’avait prévu que la molène commune dans cette bouteille.

Analyse génétique révélatrice

Pour confirmer l’identité des plants, les chercheurs séquencent leur ADN, une méthode impossible à l’époque de Beal faute de technologies adaptées. Les résultats révèlent que l’hybride provient d’un croisement naturel entre les deux espèces de molènes, qui poussent souvent côte à côte dans les friches du Michigan. Leurs graines étant très similaires, une semence hybride a pu être collectée par erreur en 1879. Cette hypothèse sera testée lors des prochaines exhumations, prévues pour affiner les conclusions.

Ce que ça pourrait changer

Seules quatre bouteilles restent encore enterrées, avec une prochaine exhumation prévue vers 2040, puis en 2060 et 2100. L’équipe de chercheurs envisage d’ajuster le protocole pour ces dernières bouteilles, bien que les intervalles de vingt ans soient maintenus pour l’instant. L’objectif reste d’étudier la longévité des graines et d’observer d’éventuelles nouvelles surprises, comme celle de 2021. Cette expérience, lancée il y a plus de 140 ans, continue ainsi de livrer des enseignements sur la résilience des plantes et les limites de leur survie.

Sujets complémentaires

Ce contenu a été généré par intelligence artificielle à partir de l'article source. Il peut contenir des erreurs ou imprécisions.