Le mystère des bâtisseurs préhistoriques de Grande-Bretagne enfin résolu ? Des chercheurs l'affirment
À Boroughbridge, trois menhirs géants proviennent d'un affleurement situé à 18 kilomètres. Leurs bâtisseurs ont délaissé une roche plus proche et transporté chaque bloc de 25 tonnes depuis ce site..
Les bâtisseurs préhistoriques de Grande-Bretagne ont laissé derrière eux des monuments emblématiques comme Stonehenge ou les cercles de pierres d’Avebury. Ces structures, érigées il y a environ 5 000 ans, posent une énigme majeure : comment des sociétés sans écriture ni outils métalliques ont-elles pu transporter et assembler des blocs de pierre pesant jusqu’à 20 tonnes sur des dizaines de kilomètres ? Les chercheurs s’interrogent depuis des siècles sur les techniques utilisées, les motivations derrière ces constructions et l’organisation sociale nécessaire pour mener à bien de tels projets. Ces monuments, souvent alignés avec des phénomènes astronomiques comme les solstices, suggèrent une maîtrise avancée de l’astronomie et une volonté de marquer le territoire ou de célébrer des rituels collectifs.
Une équipe de chercheurs britanniques affirme avoir percé une partie de ce mystère grâce à des analyses géochimiques et des modélisations 3D. Leur étude, publiée en septembre 2026, révèle que les pierres utilisées pour ces monuments proviennent de carrières spécifiques, parfois situées à plus de 200 kilomètres de leur emplacement final. Les scientifiques ont identifié des traces de tracéologie (étude des traces d’outils sur les pierres) et des résidus de graisses animales, suggérant l’utilisation de traîneaux en bois et de cordes pour déplacer les blocs. Ils estiment que des groupes organisés, probablement composés de centaines de personnes, ont collaboré pendant des années pour transporter et ériger ces structures, révélant une organisation sociale complexe bien avant l’apparition des États centralisés.
Les chercheurs soulignent que ces constructions n’auraient pas été possibles sans une forte cohésion sociale et une division du travail. Les communautés de l’époque, principalement des agriculteurs sédentaires, devaient mobiliser une main-d’œuvre importante pendant les périodes de faible activité agricole, comme l’hiver. Les analyses montrent que les pierres étaient souvent choisies pour leurs propriétés acoustiques ou leur couleur, indiquant une dimension symbolique ou rituelle. Ces monuments servaient probablement de lieux de rassemblement pour des cérémonies, des échanges ou des décisions communautaires, renforçant ainsi les liens sociaux et la transmission des savoirs.
Contrairement aux idées reçues, les bâtisseurs ne disposaient pas de roues ou de poulies, mais utilisaient des leviers en bois, des cordes et des traîneaux pour déplacer les pierres. Les traces d’usure sur les blocs indiquent que des outils en pierre polie, comme des herminettes (haches en pierre), étaient employés pour tailler et ajuster les pierres. Les chercheurs ont également découvert des preuves de l’utilisation de feux contrôlés pour fragmenter les roches, une technique appelée thermoclastie. Ces méthodes, combinées à une connaissance approfondie des propriétés des matériaux, démontrent une ingéniosité remarquable et une adaptation aux ressources disponibles.
Cette découverte renforce l’hypothèse selon laquelle ces monuments étaient bien plus que de simples structures : ils jouaient un rôle central dans la vie spirituelle et sociale des communautés. Leur alignement avec les cycles astronomiques suggère une connexion profonde entre ces sociétés et leur environnement naturel. Les chercheurs estiment que ces constructions ont pu servir de repères pour les migrations, les cycles agricoles ou les événements saisonniers, renforçant ainsi l’identité collective. Ces monuments témoignent d’une capacité à organiser des projets collectifs à grande échelle, bien avant l’émergence des premières civilisations organisées.

