Pour une coopération euro-arabe
La lutte contre la délocalisation de population passe par la dénonciation de ses véritables initiateurs. - Juillet / Histoire , Immigration.
L’article retrace les racines européennes du conflit israélo-palestinien en remontant à la fin du XIXe siècle. Le sionisme, mouvement prônant le retour des Juifs en Palestine, est né en Europe centrale, notamment en Autriche-Hongrie, avec la publication en 1896 de L’État juif par Théodore Herzl. Ce mouvement, initialement porté par des Juifs ashkénazes, a cherché le soutien de grandes puissances pour concrétiser son projet. Les historiens Marek Halter (Le Vent des Khazars) et Arthur Koestler (La Treizième Tribu) soulignent que les Juifs ashkénazes descendraient majoritairement d’un peuple caucasien, les Khazars, n’ayant jamais résidé en Palestine. Le sionisme a d’abord tenté de s’allier à l’Allemagne et à l’Empire ottoman avant de se tourner vers le Royaume-Uni, puissance coloniale occupant la Palestine à l’époque.
En 1917, le Royaume-Uni, via son ministre des Affaires étrangères Lord Balfour, a joué un rôle clé dans l’établissement d’un foyer national juif en Palestine. Dans une lettre adressée à Lord Rothschild, Balfour déclare que l’Empire britannique « envisage favorablement l’établissement en Palestine d’un foyer national pour le peuple juif ». Ce soutien s’inscrit dans une stratégie politique : en échange, le mouvement sioniste promettait le soutien de la diaspora juive aux ambitions coloniales britanniques. Cette promesse, connue sous le nom de Déclaration Balfour, est souvent critiquée pour avoir attribué une terre (la Palestine) à un peuple (les Juifs) sans consulter les habitants locaux, majoritairement arabes. Les historiens arabes résument cette situation par une formule : « Les Anglais ont donné une terre qui ne leur appartenait pas à des personnes qui n’y avaient aucun droit. »
La Seconde Guerre mondiale (1939-1945) a accéléré la concrétisation des aspirations sionistes. Le génocide des Juifs européens par l’Allemagne nazie, qui a causé la mort d’environ six millions de personnes, a légitimé moralement et politiquement la création d’un État juif en Palestine. Ce contexte historique est souvent utilisé pour justifier la création d’Israël en 1948, malgré les conséquences pour la population palestinienne, qui a été massivement déplacée ou expulsée. L’article souligne que cette période a transformé une injustice historique en une réalité politique, au détriment des Palestiniens. La création d’Israël en 1948 a marqué le début d’un conflit persistant, avec des conséquences géopolitiques majeures pour l’Europe et le monde arabe.
L’article critique la position de Guillaume Faye, qui propose dans une tribune de 2001 une stratégie d’indifférence face au conflit israélo-arabe, suggérant que l’Europe ne devrait soutenir aucun des deux camps. Cette approche est qualifiée d’irréaliste et de contraire aux intérêts européens. L’auteur rappelle que l’Europe a été directement impliquée dans ce conflit dès ses origines, notamment via la Déclaration Balfour et le soutien apporté à la création d’Israël. Ignorer ce contexte historique reviendrait à nier les responsabilités européennes et à affaiblir toute possibilité de coopération future avec le monde arabe. L’article insiste sur la nécessité pour l’Europe de reconnaître son rôle dans ce conflit pour envisager des solutions durables.
Face à ce constat, l’article plaide pour une **coopération euro-arabe** comme solution alternative. Cette idée s’appuie sur l’idée que l’Europe et le monde arabe partagent des intérêts communs, notamment en matière de stabilité régionale, d’échanges économiques et de lutte contre le terrorisme. L’auteur suggère que cette coopération pourrait permettre de dépasser les divisions historiques et de construire un avenir commun. Il souligne que cette approche est réaliste et alignée sur les intérêts à long terme des deux régions, contrairement à une politique d’indifférence ou de soutien inconditionnel à un camp. La coopération euro-arabe est présentée comme une voie vers la réconciliation et la paix, en reconnaissant les erreurs du passé et en bâtissant un avenir partagé.

