L’essor des “coolcations”, ces vacances au frais face aux canicules qui étouffent l’Europe
Alors que les vagues de chaleur se succèdent sur le continent, notamment dans les pays traditionnellement les plus fréquentés, de plus en plus de voyageurs internationaux font de la fraîcheur une priorité pour leurs vacances. Ce qui se traduit par le succès croissant de destinations nordiques et provoque de vastes interrogations sur l’avenir du tourisme estival..
Depuis fin mai 2026, l’Europe subit des vagues de chaleur intenses et répétées, un phénomène qui s’aggrave d’année en année. Le continent est d’ailleurs identifié comme la région qui se réchauffe le plus rapidement dans le monde. Trois épisodes caniculaires majeurs ont déjà frappé une zone allant du Portugal à l’Ukraine, en passant par le Royaume-Uni et les Balkans, avec des températures approchant ou dépassant les 40 degrés Celsius. Un quatrième épisode est même craint dès la semaine suivante. Ces vagues de chaleur s’accompagnent souvent de sécheresses et d’incendies, comme ceux qui frappent actuellement la France et l’Espagne, où les réserves d’eau et les paysages naturels sont fortement affectés. Ces conditions rendent les vacances traditionnelles dans ces pays moins attractives pour de nombreux voyageurs.
Face à ces températures étouffantes, une tendance touristique émerge : les coolcations, un néologisme formé à partir des mots anglais cool (froid) et vacation (vacances). Il s’agit de voyages dans des destinations où les températures restent fraîches, voire froides, pour échapper à la chaleur. Bien que ce concept ne soit pas nouveau, son essor s’est accéléré récemment, notamment vers les pays nordiques comme la Norvège, la Suède, l’Islande, le Danemark et la Finlande. Ces destinations offrent des températures généralement inférieures à 15 degrés Celsius en été, comme en témoigne l’exemple du phare de Grótta, près de Reykjavik en Islande, où il ne fait pas plus de 15 degrés à la fin du mois de juillet 2026. Les voyageurs recherchent ainsi un confort thermique, mais aussi la possibilité de pratiquer des activités différentes, comme l’exploration de l’Arctique pour les plus aventureux, ou simplement de profiter d’un sommeil réparateur sans étouffement.
L’engouement pour les *coolcations* se reflète dans les chiffres des acteurs du tourisme. Selon le *Financial Times*, les plateformes de réservation, les compagnies aériennes et les voyagistes enregistrent une augmentation significative de la demande pour les destinations nordiques. Cette tendance s’inscrit dans un contexte où les Européens, habitués à des vacances estivales dans le sud du continent, cherchent désormais des alternatives pour échapper aux canicules. Les pays nordiques, autrefois perçus comme des destinations hivernales, deviennent ainsi des refuges estivaux. Cette évolution reflète aussi une adaptation des comportements touristiques face au changement climatique, même si les *coolcations* ne représentent encore qu’une partie minoritaire des voyages en Europe.

