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Vaccination : lumière sur les mécanismes biologiques responsables des effets secondaires

France Culture - Savoirs · mis à jour 28 sept.

Des scientifiques de l’Université de Genève ont montré que chez certaines personnes, le système immunitaire inné est plus réactif, avant même la vaccination. Cette grande sensibilité les rendrait plus susceptibles de développer des effets secondaires..

Effets secondaires courants

Lors d’une vaccination, il est fréquent de ressentir des effets secondaires légers et temporaires. Ces réactions incluent généralement une rougeur ou une douleur au point d’injection, ainsi que des symptômes grippaux comme de la fièvre, des maux de tête ou une sensation de fatigue. Ces manifestations sont le signe que le système immunitaire réagit à l’injection du vaccin. En effet, un vaccin contient une version affaiblie ou similaire d’un pathogène, ce qui déclenche une réponse inflammatoire. Cette inflammation permet au corps de produire des anticorps et de mémoriser le pathogène, afin de mieux le combattre en cas d’infection réelle. Les effets secondaires varient d’une personne à l’autre et sont généralement bénins, disparaissant en quelques jours. Les vaccins à ARN messager (ARNm), comme ceux utilisés contre la COVID-19, peuvent provoquer des réactions légèrement différentes, mais les mécanismes sous-jacents restent similaires.

Rôle du système immunitaire

Le système immunitaire joue un rôle central dans la réponse aux vaccins. Lorsqu’un vaccin est injecté, il active une réaction inflammatoire, qui est une partie normale de la défense de l’organisme. Cette inflammation est déclenchée par des molécules appelées interférons, qui agissent comme des systèmes d’alarme cellulaires. Les interférons activent d’autres composants du système immunitaire, comme les lymphocytes et les anticorps, pour combattre l’infection simulée par le vaccin. Cependant, certaines personnes réagissent plus fortement que d’autres à cette activation. Une étude menée par des chercheurs de l’Université de Genève a révélé que les individus présentant une activation plus intense des gènes liés aux interférons avant la vaccination étaient plus susceptibles de développer des effets secondaires après l’injection. Cette sensibilité accrue explique pourquoi certaines personnes ressentent des symptômes plus marqués que d’autres.

Mécanismes biologiques identifiés

Les chercheurs de l’Université de Genève ont mené une étude publiée dans la revue Science Translational Medicine pour comprendre les mécanismes biologiques responsables des effets secondaires. Ils ont analysé des échantillons de sang de participants avant et après leur vaccination, en étudiant l’expression des gènes liés à la réponse immunitaire. Leurs observations ont montré que les personnes développant des effets secondaires plus marqués présentaient une activation plus forte des gènes liés aux interférons, même avant la vaccination. De plus, lors de la deuxième dose du vaccin, ces individus produisaient une réponse immunitaire plus intense, notamment au niveau du site d’injection, ce qui amplifiait l’inflammation locale. Les scientifiques ont également observé que les anticorps et les lymphocytes T, deux types de cellules immunitaires, contribuaient à cette réaction exacerbée. Ces découvertes pourraient aider à mieux comprendre pourquoi certains vaccins, comme ceux contenant des adjuvants (des substances qui renforcent la réponse immunitaire), provoquent plus d’effets secondaires que d’autres.

Origine de la sensibilité accrue

Une question reste en suspens : pourquoi certaines personnes ont-elles un système d’activation des interférons plus actif que d’autres ? Les chercheurs n’ont pas encore identifié la cause exacte de cette variabilité. Cependant, ils suggèrent que des facteurs génétiques ou environnementaux pourraient jouer un rôle. Par exemple, des différences dans l’expression des gènes ou des variations dans la composition du système immunitaire pourraient expliquer cette sensibilité accrue. Les auteurs de l’étude ont également souligné que des modèles animaux avaient permis de confirmer ces observations, renforçant la validité des résultats obtenus chez l’humain. Cette recherche ouvre la voie à des études plus approfondies pour comprendre les mécanismes sous-jacents et, potentiellement, adapter les stratégies vaccinales en fonction des profils individuels.

Ce que ça pourrait changer

Les résultats de cette étude pourraient avoir des implications importantes pour le développement et l’utilisation des vaccins. En identifiant les mécanismes biologiques responsables des effets secondaires, les chercheurs espèrent améliorer la conception des vaccins pour réduire ces réactions indésirables. Par exemple, en ajustant la composition des vaccins ou en personnalisant les doses en fonction du profil immunitaire de chaque individu, il serait possible de limiter les effets secondaires tout en maintenant une réponse immunitaire efficace. Cette approche pourrait être particulièrement utile pour les vaccins à ARN messager, dont les mécanismes d’action sont encore partiellement incompris. À terme, ces avancées pourraient contribuer à renforcer la confiance du public dans les campagnes de vaccination en rendant les injections mieux tolérées.

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