Moins de naissances avant terme chez les mères vaccinées contre le papillomavirus
Les vaccins contre le papillomavirus, qui offrent une protection contre le développement du cancer du col utérin, pourraient aussi prémunir les femmes contre les naissances prématurées. Des résultats à confirmer..
Le vaccin contre le papillomavirus humain (HPV) est un traitement préventif contre certains cancers, notamment celui du col de l’utérus. Approuvé il y a vingt ans aux États-Unis et en Europe, il est aujourd’hui intégré dans les programmes nationaux de vaccination dans de nombreux pays. Son objectif principal est de réduire le risque de développer un cancer du col utérin, une maladie souvent liée à des infections par des souches spécifiques du HPV. Les vaccins comme le Gardasil, qui protège contre quatre souches de HPV, ont démontré une grande efficacité dans la prévention de ce cancer. En Angleterre, par exemple, la vaccination a permis d’éliminer les décès liés à ce cancer chez les femmes de moins de 25 ans.
Une étude publiée dans The British Medical Journal révèle un effet secondaire positif et inattendu du vaccin HPV. En analysant 624 713 naissances en Suède entre 2006 et 2023, les chercheurs ont observé que les femmes vaccinées contre le HPV avant leur grossesse avaient moins de risques d’accoucher prématurément. Parmi les mères âgées de 16 à 35 ans au moment de l’accouchement, 14,8 % avaient reçu le vaccin Gardasil. Ces femmes présentaient également moins de complications pendant la grossesse. Ce résultat suggère que la vaccination pourrait avoir des bénéfices supplémentaires, au-delà de la prévention du cancer.
Le lien entre la vaccination HPV et la réduction des naissances prématurées s’explique par un mécanisme indirect. Le HPV peut provoquer des lésions (blessures ou anomalies) au niveau du col de l’utérus. Certaines de ces lésions, si elles ne sont pas traitées, peuvent évoluer en cancer. Le traitement de ces lésions, notamment par une intervention appelée conisation (qui consiste à retirer chirurgicalement une partie du col de l’utérus), augmente légèrement les risques de fausse couche et d’accouchement prématuré. En vaccinant les jeunes filles contre le HPV, on réduit donc le risque de développer ces lésions, ce qui diminue indirectement les complications lors des grossesses ultérieures.
L’étude suédoise, publiée en octobre 2026, est une étude observationnelle, ce qui signifie qu’elle observe des données existantes sans intervenir directement. Elle porte sur un échantillon très large de 624 713 naissances, ce qui renforce la crédibilité des résultats. Les chercheurs ont comparé les naissances de mères vaccinées contre le HPV à celles de mères non vaccinées. Les résultats montrent une réduction des naissances prématurées chez les femmes vaccinées. Cependant, les auteurs soulignent que ces résultats doivent être confirmés par des études plus poussées, comme des essais cliniques, pour établir un lien de cause à effet définitif.
Lors de l’introduction des vaccins HPV, certains détracteurs avaient avancé des arguments *médicaux* pour critiquer la vaccination, notamment en prétendant qu’elle pourrait affecter la fertilité future des jeunes filles. Ces arguments étaient souvent motivés par des considérations *morales*, comme l’idée que la vaccination encouragerait une vie sexuelle plus libre. Aujourd’hui, les données scientifiques contredisent ces craintes : non seulement le vaccin ne nuit pas à la fertilité, mais il pourrait même améliorer les chances d’avoir un bébé en bonne santé plus tard, en réduisant les risques de complications pendant la grossesse.

