Plus de 20 000 postes de fonctionnaires fédéraux ont été coupés en deux ans
Le manque d’espace retarde par ailleurs le retour au bureau pour certains ministères..
La fonction publique fédérale canadienne a perdu plus de 23 000 emplois en deux ans, selon le Bureau de la directrice parlementaire du budget. Cela représente une diminution de 6,5 % des effectifs, passant de 368 000 à 345 000 employés entre le deuxième trimestre 2022 et le même trimestre 2024. Cette réduction s’inscrit dans un objectif plus large du gouvernement : réduire de 10 % les effectifs fédéraux d’ici 2028-2029, comme annoncé dans le budget 2025. Parmi les ministères ayant le plus augmenté leurs effectifs figurent la Défense nationale, le Centre de la sécurité des télécommunications et l’Agence spatiale canadienne. À l’inverse, l’Agence du revenu du Canada, Emploi et Développement social Canada, et Santé Canada ont subi les plus fortes suppressions de postes. Ces chiffres visent à éclairer les débats parlementaires sur l’impact de ces réductions pour les services publics.
Parmi les 23 000 postes supprimés, 9 809 concernaient des employés nommés pour une durée déterminée, souvent appelés contrats à durée déterminée (CDD). Environ 7 880 postes étaient occupés par des employés permanents, tandis que 3 203 étaient des étudiants en stage et 2 889 des employés temporaires. Le gouvernement a mis en place un programme de départ à la retraite anticipée pour accélérer ces réductions. À ce jour, plus de 9 400 des 10 006 demandes reçues ont été acceptées. Ce programme, ouvert jusqu’au 20 janvier 2027, permet aux fonctionnaires éligibles de quitter leur emploi avec des avantages spécifiques. Aucune nouvelle période de dépôt n’est prévue après cette date.
Depuis juillet 2024, les fonctionnaires fédéraux doivent se rendre au bureau quatre jours par semaine, contre cinq auparavant. Cependant, environ 10 % d’entre eux ne peuvent pas respecter cette obligation en raison d’un manque d’espaces de travail. Services publics et Approvisionnement Canada (SPAC), l’organisme responsable des locaux fédéraux, indique que seulement 90 % des employés peuvent actuellement travailler sur place quatre jours par semaine. Ce taux devrait atteindre 95 % d’ici le 31 mars 2027. Pour pallier ce problème, SPAC a attribué 266 sites d’espaces partagés à différents ministères, comme l’Agence du revenu du Canada ou la Défense nationale. Ces espaces visent à faciliter le retour au bureau malgré les contraintes d’espace.
Plusieurs acteurs jouent un rôle central dans cette situation. La directrice parlementaire du budget, Annette Ryan, a développé un outil en ligne pour suivre l’évolution des effectifs fédéraux. Cet outil permet aux parlementaires et aux citoyens de demander des comptes au gouvernement sur ses réductions de personnel. Martin Potvin, porte-parole du Secrétariat du Conseil du Trésor, a confirmé qu’aucun nouveau programme de départ à la retraite anticipée n’était prévu. Michèle LaRose, porte-parole de SPAC, a expliqué que des efforts étaient faits pour optimiser les espaces existants et en créer de nouveaux. Ces acteurs illustrent la coordination entre les différentes branches du gouvernement pour gérer cette transition.

