Plus de 20 000 postes de fonctionnaires fédéraux ont été coupés en deux ans
La fonction publique fédérale canadienne a subi une réduction drastique de ses effectifs, avec plus de 23 000 postes supprimés en deux ans, soit une baisse de 6,5 %. Cette politique de compression, justifiée par un objectif de réduction de 10 % des effectifs d’ici 2028-2029, s’accompagne de défis logistiques majeurs, comme l’impossibilité pour 10 % des agents de respecter le nouveau rythme de présence en bureau imposé par le gouvernement. Au-delà des chiffres, cette restructuration interroge sur l’efficacité des services publics et la capacité des institutions à absorber ces changements sans altérer leur mission.
Quels ministères ont été les plus touchés par les suppressions d’emplois dans la fonction publique fédérale ?
Les ministères ayant subi les plus fortes réductions d’effectifs sont l’Agence du revenu du Canada, Emploi et Développement social Canada, Immigration, Réfugiés et Citoyenneté Canada, l’Agence de la santé publique du Canada et Santé Canada. À l’inverse, la Défense nationale, le Centre de la sécurité des télécommunications, Élections Canada, Logement, Infrastructure et Collectivités Canada, ainsi que l’Agence spatiale canadienne ont vu leurs effectifs augmenter.
Comment le gouvernement fédéral compte-t-il atteindre son objectif de réduction de 10 % des effectifs d’ici 2028-2029 ?
Le gouvernement a mis en place un programme de départ à la retraite anticipée, qui a déjà reçu plus de 10 000 demandes, dont 9 400 ont été jugées conformes. La date limite pour déposer une demande est fixée au 20 janvier 2027, et aucune seconde période de dépôt n’est prévue pour l’instant.
Quels obstacles entravent le retour au bureau des fonctionnaires fédéraux, malgré les nouvelles règles de présence imposées ?
Le principal obstacle est le manque d’espaces de travail : environ 10 % des fonctionnaires ne peuvent pas respecter le nouveau rythme de quatre jours par semaine en bureau, faute de locaux suffisants. Services publics et Approvisionnement Canada estime que 90 % des agents pourront être accueillis d’ici mars 2027, mais cette transition se fait de manière progressive et inégale selon les ministères.
Ce que ça pourrait changer
Cette réduction massive des effectifs pourrait dégrader la qualité des services publics, notamment dans des secteurs déjà fragilisés comme l’immigration ou la santé, où les besoins de soutien administratif sont croissants. Par ailleurs, l’instauration d’un retour au bureau à quatre jours par semaine, combinée à des contraintes logistiques persistantes, risque de fragiliser davantage le moral des agents et d’accentuer les tensions internes au sein de l’administration. Enfin, l’absence de seconde période pour le programme de départs anticipés laisse planer des incertitudes sur la capacité du gouvernement à atteindre son objectif sans recourir à d’autres mesures coercitives.

