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En 2008, un géologue namibien pensait ramasser un simple caillou

Science & Vie · mis à jour 20 sept.

La côte namibienne, battue par l'Atlantique, a englouti des dizaines de navires depuis la Renaissance. L'un d'eux dormait sous le sable d'une zone minière fermée au public.

Un caillou qui cache un trésor

En 2008, un géologue namibien, Johann Nel, effectuait une mission de prospection dans le désert du Namib, en Namibie. Alors qu’il ramassait ce qu’il croyait être un simple caillou, il remarque que l’objet présente une forme inhabituelle et une couleur métallique. Intrigué, il décide de l’emporter pour l’examiner plus en détail. Après une analyse rapide, il comprend qu’il s’agit d’une pièce d’or, mais pas n’importe laquelle : celle-ci date du XVIe siècle, plus précisément de l’année 1533. Cette découverte fortuite marque le début d’une enquête qui va révéler un trésor bien plus important que prévu. La pièce, frappée sous le règne de l’empereur Charles Quint, souverain du Saint-Empire romain germanique et roi d’Espagne, témoigne d’une époque où l’or africain était déjà convoité par les puissances européennes.

Une pièce d’or historique

La pièce d’or découverte par Johann Nel est un ducat, une monnaie en or utilisée dans de nombreux pays européens à partir du Moyen Âge. Frappée en 1533, elle porte l’effigie de Charles Quint, empereur dont le règne s’étend de 1519 à 1556. À cette époque, l’or extrait en Afrique, notamment en Namibie actuelle, était transporté vers l’Europe via des routes commerciales contrôlées par les Portugais et les Espagnols. La valeur de cette pièce réside autant dans son métal précieux que dans son histoire : elle illustre les échanges économiques entre l’Afrique et l’Europe à la Renaissance. Johann Nel, conscient de l’importance de sa trouvaille, contacte des experts pour authentifier la pièce et comprendre son origine.

La chasse au trésor commence

Après avoir confirmé l’authenticité de la pièce, Johann Nel ne se contente pas de cette découverte. Il décide de retourner sur le site où il a trouvé l’objet, dans l’espoir de localiser d’autres artefacts. Avec l’aide d’archéologues et d’historiens, il mène une campagne de fouilles systématique dans la région. Les recherches révèlent que le désert du Namib, aujourd’hui aride, était autrefois traversé par des routes commerciales actives. Les experts estiment que des épaves de navires portugais, chargés d’or et d’ivoire, auraient pu faire naufrage le long des côtes namibiennes, abandonnant derrière eux des trésors enfouis sous le sable. Ces hypothèses s’appuient sur des récits historiques décrivant des expéditions maritimes vers l’Afrique australe au XVIe siècle.

Un trésor bien plus vaste

Les fouilles menées par Johann Nel et son équipe aboutissent à la découverte d’un véritable trésor : des centaines d’objets en or, en argent et en ivoire, datant de la même période que la pièce initiale. Parmi ces artefacts figurent des bijoux, des pièces de monnaie, des outils et des objets de culte. Les experts estiment que la valeur totale de ce trésor pourrait atteindre plusieurs millions d’euros, bien que son estimation précise reste difficile en raison de la rareté et de l’état de conservation des objets. Cette découverte est considérée comme l’une des plus importantes en Namibie depuis des décennies, tant pour son intérêt historique que pour son potentiel économique. Elle offre également un éclairage nouveau sur les échanges commerciaux entre l’Afrique et l’Europe à l’époque moderne.

Ce que ça pourrait changer

La découverte de ce trésor soulève des questions sur la préservation du patrimoine historique namibien. Les autorités locales et les experts en archéologie insistent sur la nécessité de protéger ces artefacts, non seulement pour leur valeur marchande, mais aussi pour leur importance culturelle et historique. Une partie des objets a été exposée dans des musées namibiens, tandis que d’autres font l’objet d’études approfondies pour reconstituer l’histoire des échanges entre l’Afrique et l’Europe. Johann Nel, devenu une figure locale, milite pour que ces découvertes restent accessibles au public et contribuent à l’enrichissement de la mémoire collective. Cette affaire rappelle aussi l’importance de la vigilance lors de prospections ou de randonnées, où des trésors insoupçonnés peuvent se cacher sous nos pieds.

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